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Priti Patel et Boris Johnson, le duo britannique qui vise l'externalisation complète de la gestion de migrations humaines.

À qui s'adressent les tweets de Boris Johnson ?

2 min
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La lettre officielle publiée par Boris Johnson sur Twitter le lendemain du naufrage mortel survenu dans la Manche a déclenché une importante crise diplomatique. Que cherche à atteindre le Royaume-Uni à travers cette diplomatie parallèle ?

Priti Patel et Boris Johnson, le duo britannique qui vise l'externalisation complète de la gestion de migrations humaines.
Priti Patel et Boris Johnson, le duo britannique qui vise l'externalisation complète de la gestion de migrations humaines. Crédits : Yui Mok / POOL / AFP - AFP

Diplomatie parallèle sur Twitter

Quand vous êtes dans une situation conflictuelle avec votre voisin, ou un membre de votre famille, vous essayez de trouver une solution, entre vous, et vous savez que la discrétion est une alliée. Mais vous viendrait-il à l’idée de tweeter le courrier que vous venez d’adresser à ceux avec qui vous avez un litige ?

C'est pourtant la tactique que Boris Johnson, le premier ministre britannique, a utilisé la semaine dernière, le lendemain du naufrage qui a coûté la vie à 27 personnes dans la Manche. Il a rendu publique, en la tweetant intégralement, la lettre dans laquelle il propose des patrouilles britanniques sur le sol français sous commandement unifié, et le renvoi en France de tout migrant illégal traversant la Manche. Deux propositions qui sonnent en France comme des tentatives d’instrumentalisation.

En parcourant Twitter, on comprend que la cible du tweet de Boris Johnson était à l’intérieur du Royaume-Uni. Le post de Johnson a été retweeté 2 500 fois, aimé 5 500 fois et abondamment commenté. Surtout, il a été publié à dessein dans la soirée de jeudi, juste à temps pour que les tabloïds en fassent leur Une du lendemain. 

Vendredi matin, le Daily Mail et le Daily Express, deux tabloïds conservateurs, relayaient la demande de Boris Johnson à Emmanuel Macron d’envoyer les troupes britanniques sur les plages françaises. Le Daily Express allait même plus loin en assurant que l’armée britannique patrouillerait bientôt en France. 

"Nous ne sommes pas des lanceurs d'alerte"

Dans la matinée de vendredi, le président français réagit d'Italie, où il est en déplacement : “on ne communique pas, d'un dirigeant à l’autre, sur ces questions-là, par tweets et par lettres qu’on rend publiques, nous ne sommes pas des lanceurs d’alerte.”

Qu’importe, le message de Johnson était passé auprès de ses électeurs qui s’en sont donnés à cœur joie sur Twitter : “Macron refuse les bottes de soldats anglais sur les plages françaises, mais les Français ne disaient pas la même chose le jour J, quand nos troupes les aidaient à sauver leur peau”, pouvait-on lire pendant que plusieurs autres twittos britanniques se déchaînaient contre les potentiels migrants. 

Toujours sur Twitter on pouvait aussi lire David Allan Green, avocat et contributeur au Financial Times, indiquant : “Cet événement démontre une contradiction au cœur du Brexit et des politiques britanniques : le besoin politique du Royaume-Uni de manipuler son public à la maison et le besoin pratique de coopérer avec les Etats européens.”

Un avis partagé par l’ancien diplomate Tom Fletcher, pour qui “le vrai sujet ici, c’est que Downing Street ait écrit une lettre pour le Daily Mail et l’ait partagée avec la France.”

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