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En novembre 2020, des élèves parlent de l'assassinat de Samuel Paty.

Samuel Paty, un an après : l'engrenage des rumeurs sur les réseaux

2 min
À retrouver dans l'émission

Samuel Paty est mort parce qu'un homme radicalisé s'est emparé d'une polémique diffusée sur les réseaux sociaux. Un an plus tard, quelles leçons avons-nous tiré de ce drame, qui s'est nourri d'une fausse rumeur ?

En novembre 2020, des élèves parlent de l'assassinat de Samuel Paty.
En novembre 2020, des élèves parlent de l'assassinat de Samuel Paty. Crédits : Sebastien SALOM-GOMIS - AFP

Il y a un an, l’enseignant d’histoire-géographie Samuel Paty était assassiné à Conflans Sainte-Honorine, dans les Yvelines. Le tueur s’était informé via les réseaux sociaux.

Une polémique sur les réseaux sociaux

Le meurtre de Samuel Paty était parti d’une rumeur d’élève. Quand Samuel Paty avait annoncé pour le lendemain un cours sur la laïcité, il avait indiqué que l’image qu’il allait montrer pourrait choquer les élèves musulmans, et leur avait dit qu’ils pourraient quitter la classe ou fermer les yeux. Une élève s’était insurgée et était exclue deux jours du collège. Elle avait raconté à son père avoir assisté au cours et avoir été forcée de sortir. C'est son père qui a créé deux vidéos et plusieurs posts sur Facebook en traitant Samuel Paty de “voyou”, avant de réclamer que soit viré “ce malade”.

Il a appelé les internautes à entrer en contact avec lui et à se mobiliser contre le professeur, puis a diffusé les vidéos à tous ses contacts WhatsApp. Les posts Facebook du père de l’élève ont été partagés par une page complotiste belge (35.000 abonnés), et celle de la Grande Mosquée de Pantin (100.000 abonnés). Informé de l'existence de la vidéo du père, le futur tueur prend contact avec celui-ci par téléphone.

De nouvelles mesures

Depuis des sanctions légales sont venues pallier l’impunité de calomniateurs sur les réseaux sociaux : l'amendement "Samuel Paty" de la loi confortant le respect des principes de la République punit ainsi "le fait d'entraver, d'une manière concertée et à l'aide de menaces, l'exercice de la fonction d'enseignant." La loi consacre également un "délit de mise en danger de la vie d'autrui par la diffusion, dans un but malveillant, d'informations relatives à la vie privée." 

De plus, le Centre pour l’éducation aux médias et à l’information (CLEMI) contribue à mieux former les professeurs et les élèves à l’esprit critique face aux médias. Certains réseaux sociaux ont pour leur part pris des mesures pour limiter les publications nourries de faits pas encore vérifiés par une source d’autorité.

La rumeur à l'œuvre à Pierrefitte

Mais la force de la rumeur disséminée sur les réseaux paraît parfois intacte. Exemple : la semaine dernière, dans un collège de Pierrefitte dans les Yvelines, les parents d’élèves se sont introduits de force dans l'enceinte pour demander des comptes à la principale après la diffusion de rumeurs sur les réseaux sociaux. Des élèves s'accusant mutuellement d’agressions sexuelles, un surveillant dénoncé pour comportements violents, un couteau prétendument introduit dans le lycée...

Si le collège admet un “incident grave” ayant entraîné une enquête, il s’insurge contre les velléités d’implication des parents d’élèves...

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