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Afghanistan. Les principales leçons de l’engagement occidental après les attentats du "11/11/1" au WTC

8 min
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Depuis 1973, et plus précisément depuis l’invasion du pays par l’Union soviétique en 1979, l’Afghanistan n’a cessé d’être travaillé par des interventions extérieures, des affrontements intestins, des guerres civiles et, surtout, par des fragmentations évolutives. Depuis plus de quarante ans, donc, l’unité s’est périodiquement défaite. Quelles leçons tirer de cette sorte de martyre, succession d’épreuves qui révèlent que les torts, internes et externes, sont passablement partagés ? Le facteur ethnique reste-t-il un élément clé de la conflictualité ? Le morcèlement des territoires et la violence des divers intérêts en présence sont-ils durables ? Les puissances étrangères à la région ont-elles aggravé le malheur des Afghans ? ? Par quelles étapes doit passer une éventuelle reconstruction de l’État ?

Th. G.

Afghan guerillas known as Mujahideen, have lunch near a Soviet helicolpter shot down during a rebel attack in Nuristan, Afghanis
Afghan guerillas known as Mujahideen, have lunch near a Soviet helicolpter shot down during a rebel attack in Nuristan, Afghanis Crédits : Reuters

_En Russie , on rappelle qu'il y a 14 ans déjà se tenait, en Occident, la première conférence internationale sur l'Afghanistan afin de plancher sur le processus à mettre en place pour rétablir la paix dans le pays. Cinq principaux axes de travail avaient alors été définis: la lutte contre le trafic de drogues, la réforme judiciaire, le désarmement, la démobilisation et l'adaptation sociale des membres de groupes armés, la formation d'une nouvelle armée et police afghane.

Quatorze années plus tard, la situation n'a pas été stabilisée. Pire: la population locale vit encore moins bien, tandis que les forces américaines et "otaniennes" n'ont réussi à accomplir aucune des missions qui leur avaient été fixées.

La dégradation d eleur vie sur place est désastreuse pour le pays : l'an dernier, moins de 60.000 jeunes Afghans se sont exilés vers l'Europe à la recherche d'une vie meilleure. Mais, au cours des dix premiers mois de l'année 2015, 120.000 ont du choisir de prendre la route de la Turquie pour y trouver asile, ou pour continuer ensuite vers l'Europe.

En Afghanistan même, marquant sa volonté d’étendre son khalifat dans l’ensemble des pays musulmans, Bakr al-Baghdadi, chef de l’Organisation de l’Etat islamique, a mis en place ses réseaux en Afghanistan et au Pakistan, qu’il appelle « Vilayet de Khorasan » de l’Etat islamique. Vilayet signifie en arabe le gouvernorat et Khorasan (soleil levant) est l’ancien nom de l’Afghanistan. La progression de Daech dans ces deux pays est impressionnante et suscite parfois des heurts et conflits armés avec les talibans. Le danger de l'Etat Islamique est pris très au sérieux par les autorités des deux pays. C'est d'ailleurs cette crainte commune qui contribue, enfin, à la détente entre Kaboul et Islamabad et qui rend possible, pour la première fois, d'envisager une solution politique à la guerre en Afghanistan. L’armée officielle afghane a ainsi lancé, la semaine dernière, une offensive contre Daech et a tué le mollah Abdul Rauf, un ex-dirigeant des talibans qui était récemment devenu le chef de l’organisation en Afghanistan...

Graphic: The Afghan refugee route
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der Spiegel - 1déc 2015
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Intervenants
  • ancien directeur du laboratoire d’ethnologie du Musée de l’homme.
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