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Afrique. La lutte contre le terrorisme dans la bande saharo-sahélienne.

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La bande saharo-sahélienne, espace interface et manière de limes hostile à l’homme, a été réactivée depuis des années par les instabilités politiques et le fanatisme religieux. Cette bande, traversée par les antiques routes des caravanes, présente des caractéristiques propres : entre autres, importance des distances, rôle essentiel des points d’eau, faiblesse des lignes de communication, capitales excentrées, déficit d’autorité des pouvoirs centraux dans les confins, etc.

Mais c’est la montée du terrorisme islamiste qui favorise la constitution de réseaux à la fois meurtriers (voire sanguinaires) et mafieux. L’éventrement de la Libye par son sud, en 2011, a bien illustré cette anomie mortifère.

Pour lutter contre ce fléau, peut-on espérer des coopérations interétatiques plus ambitieuses et efficaces ?

Th. G.

Agadez, Niger
Agadez, Niger Crédits : Reuters

Au Nigeria, au Cameroun, au Tchad et au Niger , les islamistes de Boko Haram ont de plus en plus recours à des kamikazes, en majorité des femmes ou des filles... parfois très jeunes : "Bon nombre d'entre elles ne savent pas qu'on va les faire exploser ", a déclaré à la presse Leila Zerrougui, représentante spéciale du secrétaire général de l'ONU pour les enfants et les conflits armés, précisant que les explosifs étaient déclenchés à distance, d'après ce que lui disent les services de sécurité des pays touchés. "Personnellement, je doute que les enfants savent ", a affirmé Mme Zerrougui, soulignant que ces kamikazes n'ont souvent qu'11 ou 12 ans ! "Des milliers d'enfants sont tués, mutilés, les écoles attaquées et les enfants recrutés par milliers dans de nombreux endroits, " a-t-elle regretté. "Les enfants ne sont pas seulement touchés, ils sont particulièrement ciblés. "

Au Tchad , la capitale a accueilli il y a quelques semaines le deuxième sommet des chefs d’Etats du G5 Sahel : un organe régional qui regroupe cinq pays du Sahel que sont le Burkina Faso, le Mali et la Mauritanie, le Niger et le Tchad. Ils ont communément décidé la création d’une armée conjointe aux cinq états. « Nous sommes tous Sahéliens, nous sommes confrontés aux mêmes problèmes. Nous n’avons d’autre choix que d’unir nos efforts », a indiqué le président tchadien Idriss Déby qui succède au Mauritanien Mohamed Ould Abdel Aziz à la présidence en exercice du G5. Pour les cinq chefs d’Etats, ce sommet de Ndjamena annonce un tournant décisif dans la recherche de la sécurité et le développement au Sahel. Ils ont demandé à leurs ministres respectifs de se retrouver assez rapidement pour finaliser la stratégie de développement et de sécurité et le programme d’investissements prioritaires, deux programmes indispensables pour détourner les jeunes du Sahel des chemins qui mènent dans les bras d’Aqmi ou de Boko Haram.

A Pretoria , c’est le [Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) qui s’est réuni il y a dix jours. Nous en avions parlé lors de notre émission consacrée à ce forum, que vous pouvez réécouter en cliquant ici. ](http://www.franceculture.fr/emission-les-enjeux-internationaux-afrique-forum-chine-afrique-en-afrique-du-sud-pekin-partenaire-ce .)

Le ministre guinéen des Affaires étrangères, Louncény Fall s’y était adressé à Xi Jinping, en l’exhortant à les aider financièrement et militairement : "La Chine est un grand partenaire mondial. C'est un membre permanent du Conseil de sécurité. Elle participe de plus en plus aux opérations de maintien de la paix et contribue déjà à la lutte contre la piraterie maritime dans l'océan Indien. Nous avons demandé qu'elle mentionne la lutte contre le terrorisme, qui devient aujourd'hui l'un des grands défis auquel tout le monde ici fait face". D'un montant initial de 100 millions de dollars, la contribution de la Chine sera allouée à la Capacité africaine de réaction immédiate aux crises (CARIC), un mécanisme de gestion des situations d'urgence créé par l'Union africaine (UA) en 2013. Pour la ministre nigérienne des Affaires étrangères, Aichatou Boulama Kané, la coopération avec la Chine "doit se faire dans un environnement de paix et de sécurité. La Chine participe déjà aux opérations de maintien de la paix. Elle pourrait à présent renforcer son engagement".

"Nous pensons que la Chine doit aider les pays africains à renforcer leurs capacités de résilience et les soutenir dans tous les programmes mis en œuvre pour assurer la sécurité et renforcer les forces armées et la CARIC", a pour sa part déclaré le ministre sénégalais des Affaires étrangères, Mankeur Ndiaye.

L'attention se focalise aussi sur la lutte contre la secte islamiste nigériane Boko Haram, défi que le Nigeria, le Cameroun, le Niger et le Tchad tentent de relever...

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