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Le Club AfroChampions est une plateforme d'échanges mobilisant les multinationales africaines en vue d'accélérer l'intégration économique du continent.

Afrique. Le début d’un marché commun continental ?

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En raison d’un appel à la grève émis le 22 mars par une organisation syndicale pour la défense des services publics, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer la réécoute et le podcast de ce programme. Nous vous prions de nous en excuser.

Le Club AfroChampions est une plateforme d'échanges mobilisant les multinationales africaines en vue d'accélérer l'intégration économique du continent.
Le Club AfroChampions est une plateforme d'échanges mobilisant les multinationales africaines en vue d'accélérer l'intégration économique du continent. Crédits : AfroChampions

En raison d’un appel à la grève émis le 22 mars par une organisation syndicale pour la défense des services publics, nous ne sommes pas en mesure de vous proposer la réécoute et le podcast de ce programme. Nous vous prions de nous en excuser.

« Moment historique », a déclaré le président de la Commission de l’Union Africaine Moussa Faki Mahamat à la signature hier à Kigali par 44 pays de l’accord établissant une Zone de Libre Echange Continentale africaine, ZLEC. C’est le plus grand accord de libre-échange intra-africain.

44  pays signataires : c’est bien plus que les 27 qui se sont rendus au Rwanda pour la signature, et bien plus qu’attendu après le désistement in extremis dimanche du Nigeria, la plus grande économie d’Afrique. 

Cette adhésion massive est déjà un premier succès, pour un accord qui se veut très ambitieux : il vise à augmenter de 60 % d’ici 2022 le commerce intra-africain, actuellement à 16 %. Même s’il varie selon les régions (3 % dans l’UMA ou la CEN-SAD, 8,9 % dans la CEDEAO en 2014), c’est le plus bas à l’échelle continentale : environ 50 % en Asie, 70 % en UE. 

En outre, l’Union Africaine prévoit d’aller vite : l’application du ZLEC est prévue début 2019, ce qui serait un choc alors que le continent a les droits de douanes (et le nombre de documents à fournir) les plus élevés au monde : 8,5 % en moyenne.  

C'est un accord assez extraordinaire d'un point de vue historique, même si le contenu est en-deçà des ambitions de l'Agenda 2063 de l'Union Africaine ; et je ne crois pas que 2019 soit un délai tenable, en raison de plusieurs élections qui vont avoir lieu cette année" Cristina Mitaritonna

L’enjeu est aussi mondial : faire franchir un seuil à l’industrialisation, et  s’inscrire dans une « chaîne de valeur » globale, où l’Afrique représente pour l’instant à peine 2 % des biens manufacturiers. L’intensification des échange permettrait de dégager des capitaux  nécessaires à l’émergence d’industries nationales, comme en Ethiopie ou au Nigeria, cette fois sans le recours exclusif aux investissements  étrangers ou aux bénéfices pétroliers. C’est le sens de l’initiative AfroChampions lancée par le milliardaire nigérian Aliko Dangote fin  2017, un des principaux promoteurs de l’accord. 

Les milieux d’affaires africains souhaitent saisir l’opportunité, alors que la croissance revient sur le continent (2,4 % en 2017), et qu’un certain libéralisme a la faveur de dirigeants anciens comme au Rwanda, ou plus récents comme au Sénégal, Bénin, Ghana ou Centrafrique.  

Reste à faire ratifier l’accord par 22 parlements au minimum, et à voir si l’application est possible, alors que le continent est déjà un mille-feuille de 14 organisations ou accord régionaux. Va-t-on vers un marché commun africain en 2019 ?

@TEnjeux @XXMonde

Quelques vidéos pour éclairer en images le thème d'aujourd'hui :

es pays de «la tripartite» et chiffres sur le traité de libre échange
es pays de «la tripartite» et chiffres sur le traité de libre échange Crédits : K. TIAN / G. HANDYSIDE, GIL / JJ / RG / ABM - AFP
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