LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

Algérie. Quelle exposition au risque islamiste ?

9 min
À retrouver dans l'émission

.

Reuters Photographer - Maxppp

*L’Algérie a connu une terrible et longue guerre civile dans les années 90. Malgré cela, est-elle à l’abri de tout retour de violence islamiste ? __*En fait, des forces djihadistes périphériques peuvent--elles s’en prendre à nouveau à elle ? D’une part, l’éventrement de la Libye par son sud, conséquence de l’intervention de l’Alliance atlantique (essentiellement de la France) contre le régime du colonel Kadhafi en 2011, en violation de la résolution de l’ONU, cet éventrement a permis aux islamistes de descendre jusqu’au Mali.

Ceux-ci, qu’ils se réclament plus ou moins de l’État islamique, sont également présents au Nigeria, en Tunisie, en Libye-même (dans la région de Syrte), au Proche-Orient, en Somalie, etc. Bref, les différents terrorismes islamistes sont devenus trans-sahariens.

D’autre part, des attentats récents ont eu lieu dans le Sahara algérien (In Amenas, 2013), événements qui ont tout lieu d’inquiéter les autorités d’Alger.

Enfin, en première approche, la transition politique en Algérie sera tout sauf simple, le moment venu.

Th. G.


Les Algériens sont entrés dans une période de vache maigre. Depuis le 1er janvier 2016, les automobilistes paient jusqu'à 40 % plus cher le litre d'essence et de gazole. En cause : l'effondrement des cours du baril du pétrole.

Pour pallier cette chute, le gouvernement a d'abord décidé d'agir sur les budgets d'équipement en suspendant de nombreux projets. Mais il est désormais contraint d'affecter directement le portefeuille des citoyens.

Cette hausse du prix des carburants en a mécaniquement entraîné d'autres, malgré les promesses du gouvernement

Pour rassurer la population, les ministres se relaient sur le terrain et les plateaux de télévision pour affirmer que l'État est en mesure de faire face à une "crise passagère" après des années fastueuses marquées par une hausse des salaires et une consommation effrénée.

Cet attentat s'inscrit dans la rivalité entre AQMI et l'Etat islamique (EI). Si le premier est implanté depuis des années en Afrique du nord, surtout au Mali, au Niger, et en Algérie, le deuxième tente de s'y implanter. En Libye, l'EI a conquis ces derniers mois des territoires de plus en plus vastes sur la côte de part et d'autre de la ville de Syrte, et est en passe de supplanter AQMI.

Le groupe Al-Mourabitoune est la faction la plus active, la plus dangereuse donc, d'AQMI. Il est dirigé par l'Algérien Mokhtar Belmokhtar qui a signé aussi la prise d'otages d'In Amenas en 2013. Ses faits d'armes lui ont valu d'être désigné par l'EI comme une cible à abattre. Une sous-faction d'Al-Mourabitoune a même fait sécession pour rejoindre l'EI. Mais l'assaut à Ouagadougou montre que la capacité de nuisance de Mokhtar Belmokhtar n'est pas entamée.

La tuerie de Ougadougou menée dans la nuit de vendredi à samedi par trois jihadistes dans un hôtel et des bars de la capitale du Burkina Faso, faisant 27 victimes, a été revendiquée par Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi) et Al-Mourabitoune. Les deux katibas les plus actives sont elles aussi dirigées par des Algériens, ex-membres du GIA : Mokhtar Belmokhtar – dit «le Borgne», qui a combattu en Afghanistan – et Abdelhamid Abou Zeid. Sous la pression de l’armée algérienne, à la fin des années 2000, Aqmi déplace ses troupes vers le sud. Au Mali, notamment, où la faiblesse de l’Etat laisse aux jihadistes une très large liberté de mouvement. Belmokhtar et Abou Zeid vont chercher à s’y implanter et rapidement devenir rivaux.

Le domaine terroriste est hautement concurrentiel, celui des groupes djihadistes qui prendra la main, s'assurera du même coup le ralliement d'autres factions qui voudront faire allégeance au plus puissant. Les Shebabs somaliens refusent pour l'instant de quitter Al-Qaida, mais l'EI tente de les rallier. En outre, derrière la rivalité, il s'agit de contrôler des territoires et des routes de trafic. Au Sahel, la traite des êtres humains et de la drogue, en Libye, c'est la production de pétrole.

Nicolas Sarkozy s’est fait remarquer mercredi dernier lors d’une conférence tenue aux Émirats arabes unis. Durant son intervention, l’ex-président français a affiché clairement sa préférence pour le Maroc, affirmant que « tout le monde n’a pas la chance d’avoir un souverain comme le roi du Maroc ». Il a saisi l’occasion pour tacler une nouvelle fois l’Algérie en déclarant que « dès qu’on dit un mot [sur l’Algérie], ça devient une polémique ». Comme lors de sa visite à Tunis en juillet dernier, l’ex-président français a, en outre, affirmé une nouvelle fois que « la question du développement et de la modernisation [de l’Algérie] est posée ». Si Nicolas Sarkozy venait à occuper à nouveau la plus haute fonction de l’État français, le pouvoir algérien saura à quoi s’en tenir.

Vous pouvez consulter des documentaires ert reportages consacrés à la décennie noire algérienne sur You Tube.

Cette décennie noire, celle de la guerre civile entre islamistes et forces armées pendant les années 1990 en Algérie, est un sujet tabou et douloureux. Parce que beaucoup de personnes ont perdu des proches, parce que beaucoup sont pleins de reproches, parce que beaucoup n’ont pas compris son absurdité, tout simplement.

Ou encore Le Repenti , un film algérien de Merzak Allouache sur la décennie noire. La vidéo intégrale (1h23 minutes) : des milliers d’enlèvements, la terreur islamiste... et au milieu du tableau aux paysages rocailleux et verdoyants, le drame familial: Djamila (Adila Bendimerad) et Lakhdar (Khaled Benaissa) perdent en silence leur fille, enlevée puis tuée…

Intervenants
L'équipe
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......