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Angela Merkel et Guido Wolf, le 13 mars 2016

Allemagne. Les premiers enseignements des élections dans trois Länder.

9 min
À retrouver dans l'émission

Ces trois élections régionales ont lieu en pleine crise des migrants en Europe. Leurs résultats sont sans doute riches d’enseignements.

Angela Merkel et Guido Wolf, le 13 mars 2016
Angela Merkel et Guido Wolf, le 13 mars 2016 Crédits : .cdu-bw.de/bilder.

Les trois Länder en question sont le Bade-Wurtemberg (Stuttgart), la Rhénanie-Palatinat (Mayence), tous deux frontaliers de la France, et la Saxe-Anhalt (Magdebourg) à l'Ouest de Berlin dans l’ancienne Allemagne de l’Est. Compte tenu des divisions grandissantes sur la politique de la chancelière en matière d’immigration, non seulement dans les opinions publiques mais aussi dans les partis, on a dit que ces scrutins apparaissaient comme des « mini-référendums » pour ou contre Mme Merkel.

Quel a été le niveau d’abstention ? Quels ont été les thèmes de campagne ? La question des migrants a-t-elle guidé le choix des électeurs ? Les deux grands partis, en coalition gouvernementale à Berlin, résistent-ils bien ? Dans quelle proportion les idées d’extrême-droite progressent-elles ? Et à quel moment se situe-t-on sur le plan national ?                   Th. G.

Frauke Petry, présidente de l'AfD
Frauke Petry, présidente de l'AfD Crédits : Axel Schmidt - Reuters

En Saxe-Anhalt (une province de l'ancienne RDA, intégrée à la République Fédérale Allemande depuis 1990), la CDU d'Angela Merkel sort en tête du scrutin. Mais avec un peu moins d'un quart des suffrages, le parti AfD obtient un score considéré historique pour un parti populiste de droite. Il se classe même comme la deuxième force politique régionale, devant la gauche radicale Die Linke, qui n'atteint pas les 20 %.

Fondé il y a moins de trois ans, l'Alternative für Deutschland (AfD) a été créée par un professeur d'économie de l'Université de Hambourg, au plus fort de la crise de l'euro. Se faisant l'écho d'une partie pauvre et sans travail de l'opinion allemande - convaincue que c'est elle qui allait payer la facture des dérapages budgétaires de trois pays du sud de l'Europe : Portugal, Espagne et Grèce -, ce parti n'a attiré dans un premier temps que les électeurs eurosceptiques. Son discours a cependant rapidement dérivé contre une autre catégorie de personnes jugée "profiteuse", à l’intérieur même des frontières allemandes cette fois. Progressivement, la rhétorique dominante de sa jeune présidente a en effet visé les étrangers "qui vivent de l'aide sociale", en les qualifiant de "lie de la société". Face à la crise des migrants qui secoue tout le continent européen depuis un an, l'AfD prône aujourd'hui la fermeture des frontières.

 Winfried Kretschmann et sa femme, hier soir à Stuttgart
Winfried Kretschmann et sa femme, hier soir à Stuttgart Crédits : Michaela Rehle - Reuters

Dans le Bade-Wurtemberg, une région industrielle beaucoup plus riche que la Saxe, ce sont les Verts qui remportent la plus grosse part des sièges au parlement régional. Le ministre-président écologiste du Bade-Wurtemberg est plus populaire que jamais. Et c'est pourtant un fervent admirateur de la politique migratoire d’Angela Merkel. Le ministre-président sortant n’est pas un Grün orthodoxe, et beaucoup à Berlin se passeraient bien de cet encombrant adepte de la chancelière. A chacune de ses apparitions, il rappelle son admiration pour ses modèles en politique et son soutient à 150% sur la question des réfugiés : «Angela Merkel ? Je prie pour elle chaque soir, pour qu’elle réussisse la tâche qu’elle s’est fixée», explique ce vieux militant écologiste qui est aussi catholique pratiquant. Le mimétisme est frappant : Winfried Kretschmann a même adopté le langage merkélien, en parlant dans ses meetings électoraux de la nécessité de procéder par «petits pas» dans la crise des réfugiés... une expression qu’adopte la chancelière sur chaque sujet controversé. Et sa stratégie a payé : il est réélu, en faisant même progresser le nombre des sièges pour son parti.

Site du Deutsch-Französisches Institut (Institut Franco-Allemand) de  Ludwisburg. Depuis plus de 60 ans, il constitue une plate-forme du dialogue franco-allemand, promeut et accompagne la coopération politique, économique et sociale entre les deux pays.

"Europe : la carte des extrêmes droites", article, cartes et graphiques sur la poussée des extrêmes droites en Europe, 26 avril 2016

Bibliographie

Angela Merkel : une femme de conviction

Angela Merkel : une femme de convictionEmpreinte temps présent, Paris, 2010

Intervenants
  • chercheur à l'Institut franco-allemand de Ludwigsburg (Bade-Wurtemberg)
L'équipe
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