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Arabie Saoudite. Des femmes élues aux municipales : les évolutions de la société saoudienne et du pouvoir politique

8 min
À retrouver dans l'émission

L’Arabie Saoudite n’est pas familière des idéaux démocratiques, ni en théorie ni en pratique. Pourtant, elle accueille des candidates féminines aux prochaines municipales. Comment interpréter cette évolution ? Ces femmes sont-elles l’opposition de Sa Majesté ? Est-ce un alibi-vitrine ou cela traduit-il une tendance plus profonde ? La société saoudienne a pourtant promu les femmes dans l’éducation et quantité d’entre elles participent à différents secteurs d’excellence du pays, malgré le caractère médiéval des institutions et des pratiques (lapidation des femmes, etc.), étant entendu que le Moyen-Âge en Europe ne présentait pas forcément ces caractéristiques délibérément obscurantistes, il y a dix siècles de cela. D’une façon plus générale, comment évolue cette société, empêtrée dans sa relation radicale avec la modernité ?

D’autre part, quelles sont les particularités de l’actuelle transition politique, particulièrement dangereuse ?

Saudi woman Fawzia al-Harbi, a candidate for local municipal council elections, shows her candidate biography at a shopping mall
Saudi woman Fawzia al-Harbi, a candidate for local municipal council elections, shows her candidate biography at a shopping mall Crédits : Reuters

_Sous les vastes dunes de ses déserts, l'Arabie saoudite dispose d'un coffre aux trésors. Les imposantes réserves de pétrole qui s'y trouvent ont fait de ce pays un poids lourd incontesté de l'industrie pétrolière au fil des décennies. Et malgré les aléas, l'Arabie saoudite maintient sa stratégie.

L'Arabie saoudite demeure le plus important exportateur de pétrole avec 13 % du marché mondial, mais sa place au sommet étant menacée, elle n'a pas l'intention d'initier seule une réduction de sa production pour redresser les cours de l'or noir, et par le fait même aider la concurrence.

Certains analystes croient cependant que l'Arabie saoudite fait un calcul géostratégique concerté avec les États-Unis pour mettre à genoux certains pays exportateurs et opposants politiques sur l'échiquier du Moyen-Orient, nommément la Russie et l'Iran.

À tel point que l’on devrait s’interroger, en Europe, sur l’intérêt de l’alliance politique avec ce régime, nullement nécessaire pour importer son pétrole mais entretenue par convoitise pour son argent.

Les combats menés ces dernières années par la monarchie saoudienne, à l’intérieur du royaume, dans le CCG, face aux révolutions arabes, en Syrie, face à l’Iran et contre les Frères musulmans pour pousser Washington à s’engager davantage en Syrie et à ne pas dialoguer avec l’Iran, se sont tops soldés par des échecs.

S’y associer plus ou moins, comme le font notamment, outre les États-Unis, nombre d’États européens, dont la France en quête de contrats à bénéfices immédiats, expose ces mêmes Européens à des conséquences qui, au-delà de se retourner à terme contre le régime saoudien, déborderont également sur leurs intérêts. Cependant, la recherche frénétique de gains à court terme n’encourage pas cette prise de conscience.

Le 11 septembre 2001, cet événement « impossible et inimaginable », a remis en question la relation entre les citoyens saoudiens et leur indéfinissable identité : quinze jeunes Saoudiens faisaient partie des dix-neuf kamikazes qui ont attaqué les Twin Towers.

Près de quinze années plus tard, !a situation intérieure actuelle n’est pas favorable à l’émergence d’organisations de la société civile, et se caractérise par l’absence de liberté d’expression, la marginalisation des minorités religieuses et des immigrés, l’interdiction des assemblées et associations, le manque de transparence budgétaire et l’absence totale de participation populaire. Le geste symbolique du roi Abdullah après son arrivée au pouvoir libérant trois militants politiques n’a pas connu de suite, et a donc perdu toute valeur. D’ici à un avenir prévisible, il semble que la situation des droits de l’homme en Arabie Saoudite continuera à tourner en rond.

La société saoudienne demeure fortement inégalitaire quant au rôle qu’elle assigne aux femmes et aux hommes. La liste des interdits est longue et bien connue des observateurs occidentaux : interdiction du passage du permis de conduire pour les femmes, ségrégation scolaire, interdiction de présence d’une femme non voilée à la télévision, obligation d’obtenir l’autorisation de son tuteur (mari, père ou proche parent) pour accéder à un grand nombre d’emplois, interdiction de quitter seule le territoire, fermeture de certaines sections des universités saoudiennes aux femmes, impossibilité pour elles de pratiquer la plupart des sports dans les frontières du royaume, ...

Intervenants
  • conseiller pour le Moyen-Orient à l’Institut français de relations internationales (IFRI), ancien diplomate, ancien directeur d'Afrique du Nord et du Moyen-Orient au ministère des Affaires étrangères
L'équipe
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