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Asie du Sud-Est. Les relations avec la Chine et l'Europe

8 min
À retrouver dans l'émission

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REUTERS / POOL New - Maxppp

*L’Asie du Sud-Est est un ensemble totalement composite, la géographie, l’histoire, la colonisation, les systèmes politiques, les ressources, les intérêts de chacun, etc., l’expliquant. __*En même temps, il s’agit de la seule organisation de coopération régionale dans cette partie de l’Asie, l’Asie du Nord-Est étant fortement grevée par les contentieux historiques contemporains, l’Asie du Sud également. De fait, l’Association des Nations d’Asie du Sud-Est (ASEAN en anglais), créée en 1967, en pleine guerre du Vietnam et d’ailleurs contre l’influence chinoise, réunit une dizaine de pays, plus ou moins grands, plus ou moins riches.

C’est une association souple (elle ne parle pas d’intégration), peu dirigiste, ouverte sur le monde, mais peu solidaire politiquement en cas de crise.

Quels rapports, justement, avec la Chine et l’Europe ?

Th. G.


Face à la puissance chinoise, dix pays sud-asiatiques viennent de former une communauté économique visant à terme un marché unique sur le modèle européen : la communauté économique de l'Asean (AEC) qui représente un immense marché de près de 600 millions d'habitants réunissant des pays aussi divers que Brunei, Singapour, la Malaisie, l'Indonésie, la Thaïlande, les Philippines, le Vietnam, la Birmanie, le Laos et le Cambodge. Mais de facto, pour l'heure, la communauté économique officiellement créée reste une coquille creuse. Réduction des barrières non tarifaires, amélioration des infrastructures de transports entre pays membres, mise en place d'une politique plus audacieuse et coercitive pour les pays membres ne respectant pas les engagements pris sont autant d'obstacles à surmonter dans les prochaines années, selon les analystes.

Témoin de cette croissance régulière, le trafic aérien décolle en Asie du Sud-Est et, désireux de profiter d’un marché très prometteur, la compagnie japonaise ANA a décidé de prendre une participation dans le capital de Vietnam Airlines. Elle serait aussi en discussion avec une compagnie en Birmanie, un pays qu’il considère comme stratégique pour l’avenir du transport aérien dans la région, en raison de sa situation géographique stratégique pour la création d'un hub et de ses faibles coûts en personnel.

Mais, déjà, la menace terroriste plane sur ce beau gâteau économique en plein développement. Les deux plus importants mouvements islamistes de la région sont en Indonésie le groupe Jemaah Islamiyah et aux Philippines le groupe Abou Sayyaf. L’objectif de ces mouvements est d’établir un « Etat islamique » régional en particulier sur les territoires de l’Indonésie, le sud des Philippines, la Malaisie, Singapour, la Thaïlande et une partie du Brunei. Cet objectif reste, pour quelques temps encore, seulement "intellectuel" puisque ces mouvements n’ont pas les moyens de réellement déstabiliser les différents pays cités précédemment, à la différence de ce qui se passe au Moyen-Orient. Ces pays du sud-est asiatique sont ainsi assistés par les américains, les australiens et les néo-zélandais dans leur lutte contre leurs organisations terroristes. Soutenue par le gouvernement indonésien, une « Déclaration de Malang » a été rédigée en novembre dernier pour souligner l’importance et l’urgence à promouvoir un islam pacifique afin de contrer le radicalisme partout dans le monde.

Intervenants
  • conseiller à la Cour des comptes et membre fondateur de la chaire Unesco sur les intégrations régionales
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