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Balkans. Les conséquences des vagues migratoires sur les principaux pays

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Ampleur accrue des migrations illégales, modalités de plus en plus diverses, parades plus ou moins acceptables des pays traversés : il semble que la situation ne puisse qu’empirer. Si les causes de ces migrations sont connues, de même pour leurs effets sur les opinions publiques (montée des populismes, notamment), la marge de manœuvre des pays traversés (de la Grèce à l’Allemagne) est difficile à évaluer. Choix de n’accepter que des migrants chrétiens (Slovaquie), moyens militaires (Macédoine), construction d’un mur (Hongrie), renvois dans les pays d’origine, etc., aucune solution n’est efficace à elle seule ni globale.

Et chacun de se retourner vers l’Europe, tout en refusant la mutualisation communautaire du dossier, remède qui serait d’ailleurs pire que le mal.

Migrants confront Macedonian police during clashes at the Greek-Macedonian border
Migrants confront Macedonian police during clashes at the Greek-Macedonian border Crédits : Reuters

Circulez dans la carte avec la souris, zoomez avec le bouton /-, et cliquez pour obtenir des informations précises sur chaque pays et chaque route (part de demandeurs d'asile dans la population globale, provenances principales des migrants...) dans les infobulles sur les données.

Plus d'informations dans notre dossier spécial "Migrants, réfugiés et demandeurs d'asile en Europe 1/3 : les chiffres et les mots"

Jean-Arnault Dérens, spécialiste des Balkans, se révolte dans son blog, où il pointe l’hypocrisie des uns et les mensonges des autres : « les barbares ne sont pas à nos frontières. Ils sont au cœur du système européen, de la citadelle technocratique, dans les froids bureaux où l’on manie les chiffres et les statistiques, où l’on a encore le culot de parler de « politiques communes », où l’on croit encore veiller au destin de la « plus puissante économie du monde ».

Loïc Trégourès, doctorant à l'Université Lille 2, spécialiste des Balkans rappelait sur le site de l'IRIS, avant même cet été, que la question des migrants est devenue un enjeu politique majeur pour l’Union européenne, qui dépense un milliard d’euros par an pour les empêcher de pénétrer sur son sol, tandis qu’eux-mêmes dépensent environ la même somme pour y parvenir…

Gauri van Gulik, la directrice adjointe du programme Europe d’Amnesty International s’insurge que les autorités macédoniennes réagissent comme si elles se trouvaient face à des émeutiers plutôt qu'à des réfugiés qui ont fui les conflits et la persécution : « Tout pays a le devoir de protéger ceux qui fuient le conflit et la persécution, et la Macédoine ne fait pas exception à la règle. Quand le système ne peut faire face, on l’améliore - on n’empêche pas les gens d’entrer. »

L’Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme (AEDH) qui regroupe toutes les ligues de défense des droits de l’Homme des pays de l’Union européenne dénonce les cruautés rencontrées sur ces routes des Balkans où les migrants subissent aussi bien les mauvais traitements des passeurs, les rackets en tous genres opérés par des tas de groupes criminels, sans oublier les sévères contrôles policiers qui ne manquent pas d’effrayer ces personnes déjà fragilisées par des semaines de marche.

Au Liban, qui est le premier pays à souffrir de ces flux d’êtres humains désespérés, on ne manque pas d’observer combien la crise des migrants « pourrait faire perdre son âme » à l’Union européenne et que le ministre italien des Affaires étrangères, Paolo Gentiloni, s'alarme des conséquences tragiques d'une possible remise en question des accords de Schengen.

La BBC propose à ses internautes de se mettre dans la peau de réfugiés syriens qui, pour gagner l’Europe, sont confrontés à des choix cruciaux. Mais au Royaume-Uni, ce newsgame hyperréaliste intitulé "Syrian Journey" fait polémique dans la presse.

La quatrième chaîne de télévision flamande Vier a racheté les droits d’une émission de télé-réalité australienne « Retourne d’où tu viens », qui propose de faire vivre aux candidats belges le terrible périple vécu par les réfugiés.

Le photographe italien Alberto Campi a traversé la Serbie en compagnie de plusieurs groupes de migrants. Son photoreportage est accompagné des textes deMathieu Martiniere : "Sur la route des migrants en Serbie"

Le premier volet de cette série photographique, raconté celui-ci en langue anglaise par le photographe Jodi Hilton dans la ville turque d’Erdine., portait déjà sur le traitement sommaire subi par les demandeurs d’asile que leur itinéraire fou mène par la frontière turco-bulgare.

Marianne Murat & Marie-Lou Robert ont retracé sur dix-huit jours le parcours-type d’un demandeur d'asile et rencontré plusieurs réfugiés. En cliquant sur le document en bas de la page du site Belgrade Express, vous vivrez le parcours et le quotidien de ces milliers de personnes.

Dans un contexte de niveau record des flux migratoires, les autorités allemandes font face à un problème croissant d'intolérance de la part de nombreux Allemands, tout spécialement dans les Länder les plus pauvres, situés dans l'est du pays. Les cas d'incendies de camps de réfugiés deviennent de plus en plus fréquents dans ces petites villes déjà sinistrées, où plus d’un tiers des arrivants provient de trois pays balkaniques : Albanie, Kosovo et Serbie, ce qui ne permet pas de les assimiler à des demandeurs d’asile politique…

Et en Autriche, des dizaines de migrants ont été retrouvés morts jeudi dans un camion en stationnement sur une autoroute dans un Land de l'Est de l'Autriche, frontalier de la Hongrie. Ils étaient en provenance des Balkans, où des "passeurs" les avaient embarqué en échange de sommes déjà abusives... Ils espéraient trouver enfin une nouvelle vie en Allemagne...

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