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Birmanie. Des législatives vraiment ouvertes ?

8 min
À retrouver dans l'émission

Quelques repères chronologiques clés depuis l’indépendance. 1948 : indépendance, puis début des affrontements entre le pouvoir central et des minorités indépendantistes.

1962 : coup d’État militaire, puis formation d’une junte.

1988 : grandes manifestations populaires réprimées dans le sang.

1990 : Victoire électorale (80 %) de la Ligue nationale pour la démocratie, le parti de Aung San Suu Kyi, résultat annulé par la junte.

1991 : Mme Aung San Suu Kyi prix Nobel de la paix. Sera assignée à résidence à de nombreuses reprises et durant de longues années.

2004-2005 : libération de milliers de prisonniers.

2008 : cyclone Nargis, 140 000 morts et disparus. La Birmanie refuse l’aide internationale.

2010 : législatives, boycottées par la Ligue nationale pour la démocratie, parti de Aung San Suu Kyi.

2011 : autodissolution de la junte.

2012 : violences à l’égard de la minorité musulmane des Rohingyas.

2015 (5 novembre) : Aung Sang Suu Kyi (70 ans), qui ne peut devenir présidente selon la constitution, se dit « prête à gouverner ».

2015 (8 novembre) : législatives.

Th. G.

Aung San Suu Kyi speaks during a campaign rally ahead of the upcoming general elections in Yangon
Aung San Suu Kyi speaks during a campaign rally ahead of the upcoming general elections in Yangon Crédits : Reuters

En Chine , on salue l’accord très providentiel de cessez-le-feu national que vient de signer le gouvernement birman avec huit groupes armés. L'accord a été signé en grande pompe au Centre des congrès internationaux du Myanmar tout juste un mois avant l’élection… et annonce « le rapprochement de la fin de plus de soixante ans de conflits civils. »

Deux commissions conjointes chargées de superviser l'accord de cessez-le-feu ont été crées, simultanément à la signature. Elles se retrouveront à la mi-novembre, soit directement après l’élection. Et elles se sont également engagées à « tout faire pour que les autres groupes armés non-signataires du NCA participent aux discussions et complètent le processus de paix. »

Au Vietnam , on observe avec une attention toute particulière le déroulement de la campagne électorale birmane : l’équité de l’élection est d’ores-et-déjà mise en cause, car une large fraction de l’électorat est exclue du vote. La commission électorale a annulé le vote dans deux townships et plus de quatre cent cinquante villages de l’Etat Shan, où des combats opposent régulièrement l’armée gouvernementale à des groupes rebelles. La plupart des Birmans établis à l’étranger – ils sont deux millions - ne pourront pas voter non plus. Et cette année le pouvoir a retiré le droit de vote à la minorité musulmane rohingya. Une formation politique de l’ethnie Shan estime que l’annulation du droit de vote dans toutes ces circonscriptions permettra au parti au pouvoir de ne pas perdre, partout où il n’a aucune chance de gagner.

Aux Etats-Unis , l'ONU a mis en garde le pouvoir birman contre les tensions qui pourraient agiter le pays si la crédibilité et la légitimité des élections est mise en doute. Des candidats ont été écartés de la course, des centaines de milliers d'électeurs ont été privés du droit de vote, la liberté de réunion a été limitée et les pratiques d'intimidation sont généralisées. « La période suivant les élections pourrait être marquée par de l'instabilité et des tensions si l'issue des élections n'est pas largement perçue comme étant crédible et légitime », a déclaré le rapporteur spécial de l'ONU en Birmanie, Yanghee Lee.

En Suisse , on sait combien ce premier scrutin libre d’un pays, tenu d’une main de fer par un régime militaire depuis 1962, il permettra de jauger la popularité de la formation d’Aung San Suu Kyi. Car son parti, la LND, a aussi son lot de faiblesses : «une seule personne, Aung San Suu Kyi, tient tout sur ses épaules, déplore Léon de Riedmatten, un Suisse qui a longtemps servi de médiateur entre la politicienne et le régime birman. Elle a fait le vide autour d’elle et rejeté toutes les autres forces démocratiques.» Les membres de la Génération 88, qui étaient à l’origine du soulèvement estudiantin, ont tous été exclus des listes électorales de la LND...

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