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Jair Bolsonaro triomphe, mais n’aura pas réussi le coup de force d’une élection dès le premier tour.

Brésil : après le triomphe de Jair Bolsonaro, combien de divisions ?

10 min
À retrouver dans l'émission

Jair Bolsonaro confirme sa domination avec 46,06 % des voix. Le relatif bon score de Fernando Haddad (29,24 %) et l'abstention d'environ 30 % rendent la bataille du second tour incertaine. Face à un candidat ultra-clivant, Haddad pourra-t-il construire un "front républicain" ?

Jair Bolsonaro triomphe, mais n’aura pas réussi le coup de force d’une élection dès le premier tour.
Jair Bolsonaro triomphe, mais n’aura pas réussi le coup de force d’une élection dès le premier tour. Crédits : FERNANDO SOUZA - AFP

Pour Haddad, il se peut que la réthorique du front républicain et de la défense de la démocratie réveille une partie de l'électorat au second tour. Mais il va falloir qu'il aille au-delà et qu'il parle des vrais problèmes, qu'il propose des solutions... être très pragmatique et pas simplement se battre sur les principes.           Olivier Dabène

Avec un résultat de 5 points supérieur au meilleur score prévu par les sondages, ce résultat montre d’abord la domination de Jair Bolsonaro et du Parti Social Libéral dont il a pris les couleurs ; il vient aussi valider une tactique (ou un style) provocatrice, quitte à cibler explicitement les minorités pour susciter le clivage. 

Enfin, ces 17 points d'écarts sont la confirmation du rejet du Parti des Travailleurs (PT) miné par les affaires de corruption et plus largement d’une désaffection de la gauche – comme dans d’autres pays en Amérique Latine.

Ce résultat n'est cependant pas le plébiscite espéré par Jair Bolsonaro qui avait annoncé ne pas vouloir reconnaître d'autre résultat que sa victoire. Dans ses dernières déclarations, il attribue l'absence des 50 % à "un problème dans les urnes" et annonce qu'il saisira le Tribunal Supérieur Electoral. 

La logique du vote utile a fonctionné : sur les 13 candidats, deux se sont clairement détachés. Mais l'écroulement du parti PSD, de l'ancien président social-démocrate Cardoso, qui ne compte plus aujourd'hui, est une énorme surprise et pas une très bonne nouvelle pour la démocratie brésilienne.      Olivier Dabène

Il lui faudra passer par le duel du deuxième tour et reprendre les débats abandonnés depuis son agression le 6 septembre. Fernando Haddad s'est déjà réjouit de revoir dans l'arène un candidat dont il dit qu'il n'a "pas d'équipe, pas de projets". Certains analystes prévoient une inflexion vers le centre des deux candidats, qui devront puiser dans les "réserves" de voix constituées par les abstentionnistes, nuls et indécis  (environ 30 %) et les autres candidats, dont le centriste Ciro Gomes arrivé troisième avec 12,5 % des votes. La marge semble cependant moins difficile à combler pour Jair Bolsonaro que pour Fernando Haddad.

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Il est possible au contraire que l'entre-deux tours renforce la polarisation de la société brésilienne, entre d’un côté cette majorité d’ennemis ou de déçus du PT, d’évangélistes ; et de l’autre un potentiel « front républicain » avec de nouveau le PT honni par une partie des électeurs au centre du jeu... « Moment déconcertant et bizarre » dit un éditorialiste d’O Globo, où apparaît « une nouvelle réalité électorale arrivée avec beaucoup plus de force qu’on ne l’imaginait ».  

Il est vrai que Bolsonaro n'a pas de programme : il a passé son temps à faire une campagne très négative, mais n'a jamais défendu des idées claires.                            Olivier Dabène

Le vote d'hier s'est déroulé avec un calme qui contraste avec la brutalité des discours de campagne ; mais l'ensemble de la campagne elle-même - outre l'attaque contre Bolsonaro - a été ponctuée de graves violences contre les candidats.

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Pour le moment, ces élections qui sont aussi législatives et gouvernorales démontrent la tendance générale : affaissement du PT, poussée de l'extrême droite. Pour preuve : l'élection comme Sénateur de l'Etat de Rio dès le premier tour de Flavio Bolsonaro, l'un des deux fils de Jair Bolsonaro ; et l'élimination de Dilma Roussef au même poste pour l'Etat du Minas Gerais : l'ancienne présidente deux fois élue puis destituée, arrivée en quatrième position dans une région traditionnellement PT... Le Brésil compte 147 millions d'électeurs, mais combien de divisions politiques peut-il supporter? 

Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes _(_sciencespo.fr/opalc)

Intervenants
  • Professeur des Universités en science politique à Sciences-Po Paris, président de l'Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes
L'équipe
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