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Brésil. Peut-on parler de descente aux enfers pour la présidente Dilma Rousseff ?

8 min
À retrouver dans l'émission

Rarement le Brésil n’a été dans une aussi mauvaise passe, ni sur le plan politique ni sur le plan économique. Et certains observateurs pensent déjà aux conséquences sociales, comme notre invité. Les révélations de scandales de corruption touchant de nombreux dirigeants politiques de divers bords, via l’industrie pétrolière, semblent avoir un effet dévastateur. Mais ils concernent aussi, de près ou de loin, la présidente Dilma Rousseff, mal réélue en 2014 et exposée à une procédure de destitution.

Comment évaluer l’ampleur de cette crise interne, ses conséquences sur la vie politique (exécutif, parlement, partis politiques…), son retentissement auprès des opinions publiques dans leur diversité ? Le système est-il capable de se réformer et à quelles conditions ?

Parallèlement, ou plutôt, concomitamment, la récession s’est installée depuis des mois, les indicateurs macro-économiques sont mauvais et de nouvelles manifestations de mécontentement pourraient s’exprimer.

Th. G.

former Brazilian President Luiz Inacio Lula da Silva (L), in prison attire, and Brazil's President Dilma Rousseff are seen durin
former Brazilian President Luiz Inacio Lula da Silva (L), in prison attire, and Brazil's President Dilma Rousseff are seen durin Crédits : Reuters

En France , une équipe d’étudiants de la Sorbonne fait l’historique de cet immense scandale qui implique l’entreprise semi-publique d’extraction de pétrole Petrobras et de nombreuses autres entreprises du secteur du BTP. Les sommes détournées seraient faramineuses. Dans un pays encore toujours très pauvre et inondé par les violences, la corruption est devenue l’une des préoccupations majeures des Brésiliens.

En Gyane , département frontalier du Brésil, le sujet est observé avec une toute autre proximité, les déclarations du président du Tribunal Fédéral Suprême du Brésil, Ricardo Lewandowski, ont surpris : il se dit certain que« tout remontera à la surface. Ce qui se passe actuellement est une révolution parce que, pour la première fois dans ce pays le pouvoir judiciaire s’occupe des scandales ». Il fonde ses espoirs dans un grand projet de réforme constitutionnelle. Il faudrait d’abord « commencer par réduire le nombre de partis politiques » présents au Congrès national. « Ce n’est pas facile parce que nous en avons 32 », tandis qu’un « pays démocratique n’en a en général que 4 ou 5 et je crois que c’est suffisant », rappelle-t-il.

En Belgique , à la faveur de la dernière élection présidentielle brésilienne, on revenait sur le parcours de cette militante, ex-guérillera, fille d’un immigré bulgare, sympathisant communiste, devenue ministre en 2002, puis successeur de son mentor, souvent décrite comme une Angela Merkel sud-américaine de gauche.

La télé publique s’est aussi intéressée à une photo en noir et blanc prise en novembre 1970, en pleine dictature : le cliché montre Dilma, militante sereine et avec un petit air insolent en train de répondre aux militaires lors d'un interrogatoire au siège de la police de Rio de Janeiro après 22 jours de torture.

Et puis, tout cette corruption rend encore plus aigüe la misère et les difficultés de la vie quotidienne. Ainsi, comment est-possible qu'il y ait depuis plusieurs mois une grave sécheresse au Brésil, alors le géant sud-américain était longtemps l'une des principales sources d'eau douce du monde ? Les mauvaises politiques gouvernementales ont-elles placé le pays au bord du gouffre ?La réserve de Saracuruna près de Duque de Caxias, en banlieue nord de Rio, était il y a peu un gtand barrage rempli d'eau potable. Il n'est plus, en cette fin de l'hiver brésilien, qu'une grande extension de sable, de boue et de végétation : quatre chiens y trainent au milieu de quelques bouses de vaches et d'un filet d'eau...

Aux Etats-Unis , les grands organismes de la finance globalisée commencent déjà à préparer les bilans économiques pour l'année 2015 : ils estiment que le PIB du Brésil devrait se contracter de 3% cette année et de 1% l'an prochain. Avec la Russie et le Brésil en récession, la croissance des économies des pays émergents en général, et des BRICS en particulier, va subir un nouveau coup de frein bien inquiétant pour leurs populations.

Intervenants
  • Historien, professeur à l’Université de La Rochelle et directeur de recherche à l’Institut des Hautes Études d’Amérique latine
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