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Burundi. Sommet inter-burundais en Ouganda: le dialogue ou la mort

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C'est une rencontre importante pour l'avenir du Burundi qui s'est tenue lundi à Entebbe en Ouganda voisin. 1ère rencontre entre le gouvernement et les organisations d'opposition alors que le pays connaît une grave crise politique et sécuritaire qui a provoqué des centaines de morts depuis l'été.

Les symboles de paix ont été affichés : une cérémonie en Ouganda, pays qui a su dépasser la guerre civile, organisée par son Président Yoweri Museveni, médiateur déjà venu 24 h cet été avant les élections et la rupture du dialogue. C’est d’ailleurs à Arusha en Tanzanie, haut lieu des précédents accords de paix burundais en 2000 que devraient reprendre en janvier les prochaines discussions.

Pour le reste, des tirs ont encore été entendus à Bujumbura hier. Et rien n'indique vraiment que la crise puisse se résoudre. Combats sporadiques dans les campagnes, meurtres épisodiques et sordides dans les villes, début décembre, plus de 200 000 personnes avaient déjà fui le pays et plus de 400 avaient été tuées.


Or depuis décembre et l'attaque de 3 camps militaire la situation s'est tendue d'un coup à Bujumbura la capitale. La répression qui s'en est suivie a fait près de 100 morts en deux jours.

Sur place le pouvoir s'isole. Les défections dans l'armée et la police se multiplient, et une partie de l'opposition se radicalise. Il y a une semaine un lieutenant déserteur annonçait la création du FoReBu, une résistance armée.

Quant à la communauté internationale, elle est de plus en plus attentive à la situation : c'est l'ONU qui a décidé le 18 décembre l'envoi d'une force de 5000 hommes et la reprise du dialogue. La présidence burundaise a pour l'instant rejeté cette possibilité, ainsi que la date du 6 janvier pour la reprise des négociations en Tanzanie.

« L'Afrique ne permettra pas un nouveau génocide sur son sol », déclarait le Conseil de Paix et de Sécurité de l'Union Africaine, à l'issue d'une réunion largement consacrée au Burundi. Les prochaines semaines seront décisives.

refugees gather at the shores of Lake Tanganyika in Kagunga village in Kigoma region in western Tanzania,
refugees gather at the shores of Lake Tanganyika in Kagunga village in Kigoma region in western Tanzania, Crédits : Reuters

Le Burundi est plongé dans une profonde crise politique depuis la candidature, fin avril, du président Pierre Nkurunziza - réélu en juillet - à un troisième mandat, que l'opposition, la société civile et une partie de son camp jugent contraire à la Constitution et à l'accord d'Arusha qui a mis fin à la guerre civile en 2006. Cinq mois après l'arrêt des discussions, les délégations du gouvernement, de l'opposition et de la société civile sont réunies à Entebbe pour trouver une sortie de crise. À la table des discussions, les divergences restent très profondes entre le gouvernement burundais, le parti au pouvoir, l'opposition et la société civile. Cette reprise du dialogue se fait avec la médiation du président ougandais.

Tous les acteurs concernés par la crise socio-politique du Burundi étaient représentés à la cérémonie d’ouverture des pourparlers qui ont commencé lundi, au Palais présidentiel d’Entebbe, près de la capitale Kampala.

Pour l’opposant Charles Nditije, l’une des très rares figures politiques d’opposition, la médiation ne doit pas se tromper : «Il est important et nous soulignons cela, surtout vis-à-vis de la médiation, le pouvoir de facto de Nkurunziza, il est partie prenante au conflit. Il n’a pas à imposer la méthodologie parce qu’il est le mal absolu. Toutes ces victimes, ces assassinats, ces enlèvements, c’est de la faute du troisième mandat», a-t-il affirmé. Des propos qui dénotent la difficulté de la tâche qui attend les négociateurs ou facilitateurs.

L'Union africaine (UA) a annoncé il y a huit jours qu'elle allait envoyer une mission de 5 000 hommes au Burundi pour tenter de stopper les violences, menaçant Bujumbura de se déployer même sans son accord. Mais le gouvernement burundais a rejeté le principe de la mission de l'UA et a prévenu que, si cette dernière devait mener à bien ce déploiement sans son aval, cette mission serait alors considérée comme une "force d'invasion et d'occupation".

Intervenants
  • intellectuel franco-burundais, Docteur en philosophie, écrivain et journaliste.
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