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Une femme libanaise portant un drapeau durant la cérémonie de commémoration pour les victimes de l'explosion du port de Beyrouth, le 11 août 202

Centenaire de la proclamation du Grand-Liban : les enjeux mémoriels

11 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec l'historien Jean-Pierre Filiu.

Une femme libanaise portant un drapeau durant la cérémonie de commémoration pour les victimes de l'explosion du port de Beyrouth, le 11 août 202
Une femme libanaise portant un drapeau durant la cérémonie de commémoration pour les victimes de l'explosion du port de Beyrouth, le 11 août 202 Crédits : PATRICK BAZ - AFP

Le 1er septembre 1920,  après s’être partagé avec la Grande-Bretagne les territoires que l’Empire ottoman venait de perdre au Moyen-Orient…, la France proclame le Grand Liban. 

Cela fera cent ans jour pour jour demain, et c’est la date choisie par Emmanuel Macron pour retourner au Liban. Il s’y était engagé le 6 août lors de sa visite à Beyrouth dévastée par la double explosion en son port; le président français avait promis de suivre les étapes du versement de l’aide internationale, et la mise en œuvre de certaines réformes exigées en échange…

Pourquoi s'être engagé sur cette date-là, chargée de sens politiquement puisque la France à cette époque a contribué à mettre en place le système confessionnel au Liban, que critique aujourd'hui Emmanuel Macron? Système confessionnel que le président libanais, Michel Aoun, s'est d'ailleurs dit prêt hier à remettre en cause...

Jean-Pierre Filiu est notre invité, il a  publié hier sur son blog le billet "Le défi pour Macron du centenaire du Liban".

Il y a eu une première intervention française en 1860, après des massacres particulièrement sanglants contre les Chrétiens au Mont-Liban. Se met alors en place une autonomie du Mont-Liban où l'on peut dire qu'on y a inventé le confessionnalisme actuel : il y avait une représentation communautaire. Et ce n'était pas seulement Chrétiens contre Musulmans. On distinguait les maronites, les Grecs catholiques, les Grecs orthodoxes d'un côté, les druzes et les sunnites et les chiites de l'autre côté. C'est un peu le laboratoire du confessionnalisme actuel.  Jean-Pierre Filiu

Il faut bien comprendre qu'à chaque fois que l'on instaure le confessionnalisme, on dit que c'est pour une période transitoire, que c'est pour qu'il se dissolve à terme. Et en 1943, musulmans et chrétiens s'unissent contre l'arbitraire de la France de De Gaulle, qui n'a jamais été très tendre outre mer. C'est ce qui donne un pacte national qui sera non écrit tant il est complexe, sensible, où la présidence revient à un maronite et le premier ministère à un sunnite. Et c'est une formule qui est toujours en oeuvre aujourd'hui, même si la guerre dite civile de 1975-90 l'a sensiblement amendée.  Jean-Pierre Filiu

Intervenants
  • professeur des universités en histoire à Sciences Po (Paris). Il anime sur le site du quotidien "Le Monde" le blog "Un si proche Orient".
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