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Hier, une maman taïwanaise et son bébé passent devant une vitrine où est diffusée l'image du président chinois Xi Jinping, en direct depuis Pékin, prononçant son discours sur l'avenir de la République de Chine, fondée en 1945

Chine - Taïwan : l'étincelle est-elle possible?

10 min
À retrouver dans l'émission

Regain de tensions entre Pékin et Taipei pour le nouvel an : Xi Jinping annonce une réunification « inéluctable » et se heurte à une fin de non-recevoir de la Présidente indépendantiste Tsaï Ing-wen. L’évocation du « recours à la force » ravive les craintes d’un conflit dans le Détroit de Formose.

Hier, une maman taïwanaise et son bébé passent devant une vitrine où est diffusée l'image du président chinois Xi Jinping, en direct depuis Pékin, prononçant son discours sur l'avenir de la République de Chine, fondée en 1945
Hier, une maman taïwanaise et son bébé passent devant une vitrine où est diffusée l'image du président chinois Xi Jinping, en direct depuis Pékin, prononçant son discours sur l'avenir de la République de Chine, fondée en 1945 Crédits : SAM YEH - AFP

Le discours de Xi Jinping, prononcé lors d'une réunion commémorant le 40ème anniversaire du dégel des relations Pékin - Taipei s'inscrit dans la logique d'une "Chine Unique" déjà contenue dans le "Message aux compatriotes de Taiwan" de 1979. Il est cependant inhabituellement offensif, en annonçant une libération des Taïwanais "du désordre" séparatiste, soulignant la possibilité du "recours à la force", et rompant verbalement avec le discours consensuel sur une "réunification pacifique" mis en place depuis cette époque.

Dans sa réponse devant la presse, la présidente indépentantiste Tsai Ing-wen s'est montrée prudente, se bornant à souligner la différence de régime entre Taïwan démocratique et la République Populaire de Chine. Lors de ses vœux la veille, elle avait revendiqué de traiter "d'égal à égal" avec Pékin. En 70 ans d'existence, l'Etat taïwanais a gagné une indépendance de fait et jusqu'ici, la RPC s'en est accommodé sans cesser de considérer l'île comme une de ses provinces appelée à lui revenir de droit. La "ligne rouge" reste une déclaration d'indépendance unilatérale mais depuis son élection en 2016, Tsai Ing-wen s'est bien gardée de la franchir. 

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Pékin est cependant en alerte : 2016 est marquée par l'élection de Tsai Ing-wen et celle de Donald Trump qui a entrepris un rapprochement inédit avec le régime de Taïwan. En réponse, la Chine a tenté d'isoler diplomatiquement l'île en lui ôtant un à un ses rares soutiens en contrepartie d'accords de partenariat (et d'investissements massifs) : 22 Etats reconnaissaient son indépendance en décembre 2016, 17 actuellement. Sans menacer directement le statu quo sur la potentialité d'une réunification, ces nouveaux facteurs ont tendu les relations entre la Chine continentale et l'île de Taïwan. 

Les tensions ont pris une tournure plus géostratégique en 2018, avec des ventes d'armes américaines à Taïwan (dont des technologies pour construire des sous-marins), une extension de l'espace aérien chinois dans le Détroit de Formose, et une multiplication des manœuvres et patrouilles navales chinoises et américaines. 

Sans menacer frontalement le régime taïwanais, Pékin envoie un avertissement. Depuis sa réélection, les discours de Xi Jinping manifestent l'affirmation d'un souverainisme plus appuyé, et les critiques en creux d'autres puissances. Deux jours plus tôt, lors du 40ème anniversaire des réformes économiques de Deng Xiaoping, l'actuel président chinois déclarait que "personne n'est en position de dicter au peuple chinois ce qu'il devrait ou ne devrait pas faire". 

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Avec la montée en puissance navale chinoise, les tensions actuelles, et la rivalité sino-américaine, l'hypothèse d'une confrontation locale ne peut pas être exclue ; cependant du côté taïwanais il est improbable qu'aucun parti actuel fasse le pari d'une déclaration d'indépendance, ou d'un ralliement à Pékin. Tsaï Ing-wen et le PDP sont affaiblis par les dernières élections locales, le Kuomintang a l'opportunité de revenir au pouvoir en 2020, et la question cruciale pour les taïwanais reste l'emploi et le potentiel économique du pays, dont 30 % des exportations vont en Chine.  

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Intervenants
  • Directeur du département de sciences politiques à l’université baptiste de Hong Kong, directeur de recherche au CNRS et chercheur associé à Asia Centre
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