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Chine. Voyage du président chinois aux États-Unis : les dossiers clés

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On l’avait bien vu au début de la crise économique mondialisée (2007-2008), Washington et Pékin n’avaient aucun intérêt à s’affaiblir l’un l’autre, tant ils étaient devenus interdépendants. De fait, les États-Unis sont le premier client de la Chine, tandis que la Chine finance les fonds de pension et achète les bons du Trésor américains. On peut aussi rappeler le mot de la secrétaire d’État du moment, Hillary Clinton : « Comment être dur avec son banquier ? ».

Les sujets de confrontation ne manquent pas, entre les deux Super-Grands économiques sont : statut international du dollar, appréciation du yuan, revendications maritimes chinoises, Partenariat transpacifique américain contre zones de libre-échange chinoises, Banque asiatique d’investissement pour les infrastructures, droits de l’homme, Internet.

À l’inverse, des convergences ou des intérêts croisés sont notables : entre autres, pratique du protectionnisme, réchauffement de la planète, Corée du Nord.

Hong Kong Chief Executive Leung Chun-ying and Bob Chapek, chairman of Walt Disney, attend the 10th anniver
Hong Kong Chief Executive Leung Chun-ying and Bob Chapek, chairman of Walt Disney, attend the 10th anniver Crédits : Reuters

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En Belgique , on s’inquiète des analyses économiques qui s’accordent à dire que la Chine est confrontée au risque d’un atterrissage brutal de l’économie : les recettes du gouvernement peinent à faire effet, les réformes promises s'enlisent et l'ajustement à une croissance ralentie se fait dans la douleur.

En Afrique, on est aux premières loges. Ce qui renforce la conscience que le reste du monde n’a pas pris la mesure de l’énormité du krach boursier chinois de l’été 2015. Il aura duré un mois et écorné la réputation de grand maître de l’économie du président Xi Jinping. Comme tout ce qui se passe en Chine, les bêtises qui l’ont provoqué et le sauvetage qu’il a nécessité ont été d’une ampleur sans précédent.

Mais l’intérêt africain pour l’économie chinoise va jusqu’à la préoccupation quant à l’impact mondial de ses soubresauts. La chute des autres grands centres financiers de la planète traduit bien cette réalité que personne ne peut ignorer : quand la Chine éternue, tout le monde attrape le rhume ! Et le Canada ne fait malheureusement pas exception.

C’est également le constat fait, en France : comment peut-on expliquer que si peu de voix se soient élevées ces dernières semaines pour dénoncer les risques d’un fort ralentissement de l’économie chinoise et son impact sur l’économie mondiale ?

A Paris, Tristan Abet, stratégiste chez Louis Capital Markets , estime que la croissance devrait continuer à refluer dans les pays émergents, notamment en Chine, qu’il voit bientôt basculer en récession. Selon lui, un investisseur en actions devrait fuir les marchés émergents et les valeurs européennes qui y sont exposées.

C’est aussi en France que Barthélémy Courmont se penche, lui, sur les velléités militaires de Xi Jingping qui, dans le même temps, annonce officiellement la réduction des effectifs militaires de 300 000 hommes.

Enfin, corrolaire direct des développements économiques chinois, le nuage de pollution qui enveloppe pendant d’interminables semaines de nombreuses villes est de plus en plus l’objet de contestations à l’intérieur même du pays. Alors, par exemple, que contient donc vraiment le nuage de pollution à Pékin ?

Intervenants
  • chercheur au Carnegie Endowment for International Peace et à la Harvard Kennedy School, chercheur associé à la Fondation pour la recherche stratégique (FRS) et professeur invité à l’ESSEC
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