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Des habitants de la capitale applaudissent au succès du lancement

Corée du Nord. La politique balistique de Pyongyang

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La Corée du Nord, isolée mais déterminée, poursuit sa stratégie de la tension. Témoin, un nouvel essai nucléaire, après ceux de 2006, de 2009 et de 2013, celui du 6 janvier dernier ayant été annoncé comme celui d’une bombe H.

Des habitants de la capitale applaudissent au succès du lancement
Des habitants de la capitale applaudissent au succès du lancement Crédits : Kyodo - Reuters

 Avant-hier dimache, le tir d’une fusée, supposée avoir mis en orbite un petit satellite d’observation de la terre. Or, l’on sait combien les techniques propres aux tirs de fusées et à la mise en orbite de satellites ont de fortes parentés avec celles des missiles et des charges nucléaires.

Les Japonais et les Sud-Coréens avaient averti qu’ils détruiraient l’engin s’il passait au-dessus de leur territoire. La Chine n’a fait que « regretter » le tir. La Corée du Sud a aussitôt annoncé l’ouverture de négociations avec Washington pour la mise en place d’un bouclier anti-missiles (elle est déjà pourvue d’antimissiles à moyenne portée, les Patriots américains), ce contre quoi a protesté Pékin. Le Japon a qualifié le tir d’ « absolument intolérable ».  Moscou de « très dommageable ». L’ONU a condamné fermement et annoncé des sanctions économiques renouvelées.

Quelles sont les logiques à l’œuvre et peut-on parler d’une diplomatie « balistique » ?                                                     Th. G. 

Pyongyang, le 8 janvier 2016
Pyongyang, le 8 janvier 2016 Crédits : Korean Central News Agency (KCNA) - Reuters

La Corée du Nord affirme que son “Kwangmyongsong-4” est un satellite conventionnel d’observation de la terre. Mais les spécialistes qui ne parvenaient à capter aucune transmission de l’appareil s’interrogent sur la nature exacte de l’objet, qui ne ferait que 200 kilos, ce qui représente un poids étonnament faible pour un satellite censé emporter assez de carburant pour rester dans l’espace pendant au moins cinq années.

«Le sort de Saddam Hussein en Irak et celui de Mouammar Kadhafi en Libye montrent ce qui arrive lorsque des pays renoncent à leurs ambitions nucléaires», a déclaré la Corée du Nord. «La situation internationale actuelle ressemble à « la loi de la jungle » dans laquelle seuls les plus forts survivent», poursuit le commentaire de KCNA ( Agence centrale de presse nord-coréenne). 

Les Etats-Unis voudraient déployer "aussi vite que possible" leur système anti-missile THAAD directement sur le territoire de la Corée du Sud : il tirerait des missiles conçus pour intercepter et détruire des missiles balistiques ennemis alors qu'ils sont encore juste à l'extérieur de l'atmosphère ou qu'ils viennent d'y entrer. 

Mais Pékin estime qu’un système militaire américain installé en Corée du Sud pour intercepter, à haute altitude, des missiles nord-coréens pourrait aisément viser, en cas de crise, des missiles intercontinentaux chinois et ruinerait ainsi les capacités stratégiques de la Chine.

Bibliographie

Corée du Nord, Etat voyou

Corée du Nord, Etat voyouBuchet Chastel, 2003

Intervenants
  • spécialiste de la Corée, directeur de l'Institut d'histoire sociale
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