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Manifestation contre la corruption du gouvernement brésilien, le 13 mars 2016

Corruption. La corruption sur la scène internationale.

8 min
À retrouver dans l'émission

Emission diffusée en partenariat avec la revue Relations internationales et stratégiques (IRIS)

Manifestation contre la corruption du gouvernement brésilien, le 13 mars 2016
Manifestation contre la corruption du gouvernement brésilien, le 13 mars 2016 Crédits : Ricardo Moraes - Reuters

La corruption est un fléau politique, aussi bien qu’économique et social, qu’il soit individuel ou collectif, privé ou public.

La notion de corruption est par construction multiforme. Elle concerne bien sûr les États (il suffirait de citer la Russie, la Chine, le Brésil, nombre de pays africains, etc.), mais aussi les secteurs économiques juteux (il suffirait de citer en vrac la finance, le sport, le BTP, les énergies, les ventes d’armes, etc.).

La corruption se renouvelle dans ses modalités en fonction de l’évolution des sociétés et surtout des réalités économiques, elle peut même être un instrument efficace du système capitaliste (paradis fiscaux, spéculation véreuse…). Le dossier de Relations internationales et stratégiques s’intéresse aussi aux moyens de lutter contre la corruption, qui est d’ailleurs un sujet en soi, tant les méthodes sont diverses et forcément insuffisantes.                           Th. G.

Manifestation contre la corruption du gouvernement irakien, la semaine dernière
Manifestation contre la corruption du gouvernement irakien, la semaine dernière Crédits : Ahmed Saad - Reuters

La corruption coûte jusqu'à 990 milliards d’euros à l’Union européenne chaque année. Ces chiffres remettent totalement en question ceux publiés par la Commission européenne en 2014. Ce rapport estimait que la corruption nous pénalisait seulement à hauteur de 120 milliards d’euros par an. Les pays européens les plus touchés sont la Croatie, Chypre, la Lituanie et la Roumanie. La France fait partie des cinq pays les moins exposés au risque de la corruption, devancée par le Danemark, la Belgique, la Suède et le Luxembourg.

En Italie, hier, c'est Gianni Alemanno, précédemment ministre de l'agriculture de Silvio Berlusconi pendant cinq ans, puis maire de Rome pendant cinq autre années, qui a comparu mercredi matin pour «financement illégal» et «corruption». Présent à l'audience, il est soupçonné d'avoir «vendu» ses fonctions et d'avoir effectué «des actes contraires au devoir de sa charge», selon le parquet. Ce procès découle de l'enquête autour du scandale «Mafia capitale», dans le cadre duquel 46 personnes, criminels, entrepreneurs et hommes politiques comparaissent depuis novembre pour avoir mis en place un vaste réseau de corruption ayant gangréné toute l'administration municipale de la capitale italienne. Gianni Alemanno est soupçonné d'avoir reçu 125'000 euros de Salvatore Buzzi (75'000 pour des rencontres électorales, 40'000 pour sa Fondation Italie Nouvelle et 10'000 euros versés en espèces par un intermédiaire). Ironie du sort, son successeur de gauche, Ignazio Marino, maire socialiste cette fois, pourrait lui aussi se retrouver bientôt devant la justice, étant soupçonné d'avoir présenté des notes de frais injustifiées.

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La corruption dans les transactions commerciales internationales sape la bonne gouvernance et le développement économique, entretient la pauvreté et fausse la concurrence internationale.

Les ministres de l’ensemble des 41 États Parties à la Convention anticorruption ainsi que les ministres des principaux pays partenaires ont assisté, aux côtés des directeurs d’autres organisations internationales et de dirigeants du secteur privé et de la société civile, à la Réunion ministérielle sur la Convention anticorruption de l’OCDE qui s'est tenue il y a quelques jours au siège de l’OCDE.

Les ministres ont discuté des mesures pour renforcer les efforts internationaux de lutte contre la corruption transnationale, ainsi que du rôle de la Convention et du Groupe de travail de l'OCDE sur la corruption dans le contexte plus large de la lutte mondiale contre cette dernière. Ils ont également réfléchi aux enjeux qui se font jour, notamment :

  • la protection des lanceurs d’alerte,

  • la coopération internationale,

  • la divulgation volontaire et les règlements négociés,

  • le respect de la législation anticorruption.

Cette réunion ministérielle donna également l’occasion de prendre acte des réalisations accomplies au cours des trois premières phases du suivi de la Convention et de lancer officiellement la Phase 4 qui portera plus spécifiquement sur la détection, les mesures répressives et la responsabilité des personnes morales, ainsi que sur d’autres grandes questions pertinentes pour la bonne mise en œuvre des obligations prévues par la Convention.

Le rapport est disponible en anglais sur le site Internet de l’OCDE : www.oecd.org/corruption/committing-to-effective-whistleblower-protection-9789264252639-en.htm ainsi qu’en version abrégée, 16 pages téléchargeables gratuitement au format .pdf : www.oecd.org/corruption/anti-bribery/Committing-to-Effective-Whistleblower-Protection-Highlights.pdf.

Bibliographie

RIS N°101 – Printemps 2016

RIS N°101 – Printemps 2016IRIS éditions, 2016

Intervenants
  • Economiste et directrice adjointe de l’Institut de relations internationales et stratégiques (IRIS)
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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