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Le premier ministre tunisien Hichem Mechichi (à g.) et le président tunisien Kais Saied (à d.), en juillet 2020

Tunisie en transition, 5 : les nostalgiques de Ben Ali renforcés ?

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À retrouver dans l'émission

Jean Castex est en visite officielle en Tunisie, occasion de faire un nouveau point sur la transition politique tunisienne. Entretien avec l'analyste politique Mahdi Elleuch.

Le premier ministre tunisien Hichem Mechichi (à g.) et le président tunisien Kais Saied (à d.), en juillet 2020
Le premier ministre tunisien Hichem Mechichi (à g.) et le président tunisien Kais Saied (à d.), en juillet 2020 Crédits : STRINGER / TUNISIAN PRESIDENCY - AFP

France et Tunisie se réunissent tous les deux ans pour évoquer des sujets de coopération et signer des partenariats économiques. Jean Castex va donc rencontrer son homologue Hichem Mechichi, ainsi que plusieurs ministres tunisiens... mais pour certains d’entre eux, qui n’ont de ministres que le nom, car depuis qu’un nouveau gouvernement de technocrates a été formé, en fin d’année dernière, le président tunisien Kaïs Saïed refuse d’en reconnaître certains, au motif que de lourds soupçons de corruption pèsent sur eux.

La confiance est donc entamée entre le Président et son premier ministre, elle l’est aussi entre le Président et le Parlement, présidé par Rachid Ghannouchi président du parti islamo-conservateur Ennahda… et au sein du Parlement entre ce parti, toujours majoritaire mais de moins en moins, et les autres.

La popularité d'Ennahda est clairement en baisse et Rached Ghannouchi est à la tête des personnalités qui les Tunisiens ont le moins confiance. Dans le discours officiel pourtant beaucoup de choses ont changé : Ennahda évite désormais les sujets sociétaux, tout ce qui mettrait en évidence le conservatisme ou le caractère réactionnaire du parti. Sauf que pour de nombreux Tunisiens, ce n'est qu'un discours. On accuse souvent les dirigeants islamistes de duplicité.    Mahdi Elleuch

A l'inverse, le Parti destourien libre (PDL), nostalgique de l'époque Ben Ali, rencontre de plus en plus le soutien de la population. Si l'on en croit les sondages, il pèserait le double de d'Ennahda actuellement. Cela date surtout de 2019, lorsqu'il a fait une entrée assez remarquable au Parlement, avec 17 députés. Sauf que ce parti, qui a quand même un langage et un discours souvent populistes, des méthodes souvent populistes, séduit largement les élites, ce qui n'est pas très habituel. Ce qui l'explique, c'est justement son opposition frontale à Ennahda, sa tentation même à exclure complètement Ennahda du jeu politique. Ce discours plait à ceux qui déplorent les trahisons de ces partis qui se portent aux élections en promettant de ne jamais s'allier Ennahda, et ensuite font le contraire.     Mahdi Elleuch

Intervenants
  • analyste politique, contributeur à la Fondation Jean Jaurès.
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