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Le personnel de sécurité inspectant l'intérieur de l'église Saint-Sébastien de Negombo le 22 avril 2019, un jour après que l'église ait été touchée dans une série d'attentats à la bombe visant des églises et des hôtels de luxe au Sri Lanka.

Djihad mondial : les pays du Sud moins bien armés ?

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L'Etat Islamique a finalement revendiqué mardi les attentats qui ont tué 359 personnes au Sri Lanka. C'est la plus importante attaque hors Irak et Syrie, dans une Asie du Sud déjà sous pression djihadiste. Colombo reconnaît une « défaillance » sécuritaire : les Etats du Sud sont-ils mal préparés ?

Le personnel de sécurité inspectant l'intérieur de l'église Saint-Sébastien de Negombo le 22 avril 2019, un jour après que l'église ait été touchée dans une série d'attentats à la bombe visant des églises et des hôtels de luxe au Sri Lanka.
Le personnel de sécurité inspectant l'intérieur de l'église Saint-Sébastien de Negombo le 22 avril 2019, un jour après que l'église ait été touchée dans une série d'attentats à la bombe visant des églises et des hôtels de luxe au Sri Lanka. Crédits : JEWEL SAMAD / AFP - AFP

Un nouveau chapitre dans la lutte contre le terrorisme s'ouvre pour le Sri Lanka. Dix ans après la fin de la guerre civile entre les séparatistes tamouls et l'armée, le mouvement djihadiste local National Thowheeth Jama'ath (NTJ) provoque huit explosions dans trois églises, en pleine messe de Pâques, et dans trois hôtels de luxe, avec pour bilan 359 morts et plus de 500 blessés dimanche 21 avril. Ces attentats ont été revendiqués par l'Etat Islamique alors que son élimination territoriale en Syrie a été officialisée le 23 mars dernier.

Face au climat de terreur qui s'est rapidement installé au sein de l'île, le gouvernement a mis en oeuvre l'état d'urgence dès le lendemain des attaques, un couvre-feu d'une durée indéterminée a été décrété et la police et l'armée voient leurs pouvoirs renforcés. Une situation qui rappelle que l'Etat Islamique est loin d'être vaincu en Asie du Sud-Est, comme aux Philippines, mais aussi en Afrique, avec la revendication de sa première attaque en République démocratique du Congo.

Des signes annonciateurs réellement passés inaperçus ?

Cependant, l'incapacité du gouvernement à réagir aux alertes des services de renseignement sri-lankais a été rapidement pointée du doigt : dix jours avant les attentats, les services de sécurité ont reçu une alerte indiquant que le NTJ préparait des attentats contre des églises et l'ambassade d'Inde à Colombo. Selon Libération, deux autres alertes ont été diffusées les jours suivants, "y compris quelques heures avant la première attaque à l’église Saint-Sébastien de Negombo, qui a tué 102 personnes". Le Sri Lanka reconnaît une "défaillance" dans la sécurité.

Dans ce jeu de la guerre contre le terrorisme, les autorités doivent juguler entre les gens qui donnent de vraies informations et les gens qui dénoncent pour d'autres raisons et elles doivent être très précises au risque de susciter des velléités, donc ils sont obligés de ménager la situation. Wassim Nasr

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Ecoutez l'analyse de Wassim Nasr sur le cas des djihadistes du Sri Lanka
Intervenants
  • Journaliste à France 24, spécialiste des mouvements djihadistes
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