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Le président ivoirien Alassane Ouattarale 22 août à Abidjan lors de son investiture en tant que candidat aux prochaines élections, pour un 3e mandat.

Election présidentielle en Côte d'Ivoire : où sont les jeunes?

11 min
À retrouver dans l'émission

La question générationnelle est centrale pour comprendre ce qui se joue en Côte d’Ivoire. Tous les acteurs de l’élection du 31 octobre prochain sont des hommes que l’on retrouve depuis plus de vingt ans. Et la société ivoirienne, comment a-t-elle changé? Entretien avec le chercheur Richard Banégas.

Le président ivoirien Alassane Ouattarale 22 août à Abidjan lors de son investiture en tant que candidat aux prochaines élections, pour un 3e mandat.
Le président ivoirien Alassane Ouattarale 22 août à Abidjan lors de son investiture en tant que candidat aux prochaines élections, pour un 3e mandat. Crédits : Issouf SANOGO - AFP

Alassane Ouattara, Henri Konan-Bédié, Laurent Gbagbo, Guillaume Soro....: qu’ils soient candidats ou qu’ils n’aient pas obtenu le droit de se présenter, tous les acteurs de l'élection présidentielle à venir en Côte d'Ivoire sont des politiques (hommes exclusivement) que l’on retrouve depuis plus de vingt ans (le plus jeune, Guillaume Soro, était un leader étudiant au tout début de la crise politico-militaire de 2002).

En vingt ans, comment la société ivoirienne a-t-elle changé, elle? Pour espérer que les mêmes causes ne produisent pas les mêmes effets ? A l’approche du scrutin, pour lequel le président en exercice Alassane Ouattara sollicite un troisième mandat quand la Constitution n’en autorisait que deux, on évoque un réveil des violences telles que le pays en avait connu en 2010.

Pendant toutes ces années de guerre et de crise pourtant, la Côte d'Ivoire a vu émerger de nouvelles têtes, des jeunes en qui "se levait un homme", comme je l'avais écrit dans un article et qui étaient déterminés à faire prévaloir leur vision du monde. Ils s'étaient émancipés, en partie par la force des armes, par la force aussi des de la prise de parole dans l'espace public. Mais leurs candidatures ont été bloquées et les partis ont repris la main et ont continué cette espèce de "korocratie" [ou grand frérisme, ndlr] comme on dit en Côte d'Ivoire. Richard Banégas

L'histoire violente du pays pousse peut-être quand même les gens à la prudence. À cet égard, je ne pense pas que beaucoup d'Ivoiriens aient envie de rééditer les violences de 2010. Mais du côté des forces de sécurité, la situation est extrêmement complexe, car l'armée actuelle est en vérité le produit de la rébellion, et est traversée également par les mêmes clivages générationnels entre vieux pères et bons petits. Et on a vu que ce modèle de gestion, disons par la korocratie au sein même de l'armée, a pu avoir ses limites lors des mutineries de 2017 et 2018. On ne sait pas ce qu'il en sera aujourd'hui.  Richard Banégas

Intervenants
  • professeur de sciences politiques à Sciences Po, chercheur au CERI
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