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Des soldats des Forces armées centrafricaines s’entraînent au maniement du fusil d’assaut AK-47 au Camp Leclerc, à 600 kilomètres au nord-ouest de Bangui, le 5 août 2019.

"En Centrafrique, les acteurs internationaux sont passés des envolées lyriques à la realpolitik"

10 min
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Dans une tribune publiée hier dans le journal Le Monde, le chercheur Thierry Vircoulon explique que l'ONU, l'Union africaine, l'UE... se désintéressent de la gouvernance catastrophique d'un pays qu'ils financent pourtant en grande partie, depuis les accords de paix de février dernier. Entretien.

Des soldats des Forces armées centrafricaines s’entraînent au maniement du fusil d’assaut AK-47 au Camp Leclerc, à 600 kilomètres au nord-ouest de Bangui, le 5 août 2019.
Des soldats des Forces armées centrafricaines s’entraînent au maniement du fusil d’assaut AK-47 au Camp Leclerc, à 600 kilomètres au nord-ouest de Bangui, le 5 août 2019. Crédits : Florent Vergnes - AFP

Le 6 février dernier était signé sous l’égide de l’Union africaine, un accord de paix entre le président centrafricain Faustin-Archange Touadéra, et quatorze groupes armés. Accord qui engageait les parties à renoncer à « tout recours à la force armée » et à diriger le pays ensemble au sein d’un gouvernement dit « inclusif ». Un texte considéré comme important après six années de guerre, d’exactions de part et d’autres… notamment de la Séléka coalition à majorité musulmane qui a renversé le clan du président François Bozizé en 2013, et des groupes d’autodéfense anti-Séléka.

Près de neuf mois plus tard, l’émissaire des Nations unies pour la République centrafricaine dit qu’aucun groupe armé n’a sérieusement déposé les armes, et que leurs chefs étant nommés conseillés militaires, ministres ou préfets, ils jouissent d’une quasi impunité totale..

Or, l’Union européenne entre autres fait comme si elle ne savait rien, puisqu’elle finance une grande partie de l’Etat centrafricain? C’est ce que dénonçait hier dans le journal Le Monde le chercheur Thierry Vircoulon, que nous recevons ce matin.

Les principaux bailleurs internationaux - Union européenne et Banque mondiale - permettent à une administration moribonde de survivre, et au gouvernement d’exister puisque celui-ci ne contrôle en fait qu’une petite partie du territoire. Ils fournissent un appui budgétaire essentiel : salaires des fonctionnaires centrafricains, secteurs de la santé et de la sécurité. Si l'UE est peu regardante sur la gouvernance de cette aide, c’est sans doute parce que le sentiment général est qu’il faut faire vivre à tout prix cette fiction qu’est l’Etat centrafricain.     Thierry Vircoulon

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