LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Des nouvelles recrues prêtes à rejoindre l'armée fédérale Ethiopienne lors d'une cérémonie avant d'être envoyés au front, à Addis Abeba le 24 novembre.

En Éthiopie, le fédéralisme ethnique peut-il survivre à la guerre ?

11 min
À retrouver dans l'émission

Alors que les combattants tigréens et leurs alliés oromos se rapprochent de la capitale éthiopienne et que le Premier ministre Abiy Ahmed a annoncé se rendre au front pour coordonner la défense d'Addis, c'est le modèle unique de l'ethno-fédéralisme éthiopien qui est au bord de l'éclatement.

Des nouvelles recrues prêtes à rejoindre l'armée fédérale Ethiopienne lors d'une cérémonie avant d'être envoyés au front, à Addis Abeba le 24 novembre.
Des nouvelles recrues prêtes à rejoindre l'armée fédérale Ethiopienne lors d'une cérémonie avant d'être envoyés au front, à Addis Abeba le 24 novembre. Crédits : Amanuel Sileshi - AFP

Les forces loyales au Premier ministre Abiy Ahmed disent avoir réussi ce week-end à stopper l’avancée des rebelles tigréens, en région Afar et en région Amhara sur la montagne de Debre Sina, à 180 kilomètres de la capitale Addis-Abeba.

Abiy Ahmed lui-même est toujours sur le front, il s’est montré ce week-end proclamant la victoire... Toute la propagande sur place joue en sa faveur et a convaincu des centaines d’Ethiopiens, dont de grandes stars du sport ou de la culture, de le suivre sur le champ de bataille.

Sans présager du dénouement de cette guerre commencée il y a un peu plus d’un an quand la région du Tigray dans le nord de l’Ethiopie a voulu organiser les élections générales sur son territoire (parce que le pouvoir central ne cessait de reporter le scrutin), une question se pose d’ores et déjà qui concerne le système politique et institutionnel éthiopien, unique en son genre : le fédéralisme ethnique. Peut-il survivre à cette guerre ?

Avec Mehdi Labzaé, sociologue et politisite spécialiste de l'Ethiopie. 

Dans les années 60 à la faculté d'Addis-Abeba, un mouvement étudiant marxiste a émergé, qui considérait l'Ethiopie comme une prison des peuples : il fallait être Amhara, chrétien orthodoxe des hautes terres pour être considérés comme Éthiopien. Il fallait s'habiller comme les Amharas, manger la nourriture du nord, etc. Et donc, sous le régime militaire, après la révolution de 1974, plusieurs groupes politiques prennent la question nationale, formulée en ces termes, comme base de leur Constitution et qui vont mener la lutte armée pendant dix-sept années contre ce régime militaire du Derg, le régime socialiste. En 1991, c'est un de ces groupes militaires qui prend le dessus, TPLF - Front de libération des peuples du Tigray - et qui met en place ce système du fédéralisme ethnique.     Mehdi Labzaé

Quand Abiy Ahmed prend le pouvoir en 2018, il met en cause le fédéralisme ethnique en disant : "Si nous nous expulsons les uns les autres, alors qu'est ce que les colonisateurs ont fait de pire? Et quel est le prix de nos 3 000 ans d'indépendance?" Donc, dès le début, il a été assez clair sur sa remise en cause de ce système institutionnel. Et il remet d'autres choses en cause des politiques précédentes, notamment économiques. Mais c'est vraiment sa vision de la forme de l'Etat que l'ancienne garde tigréenne n'a pas acceptée.     Mehdi Labzaé

Abiy Ahmed joue sur plusieurs tableaux : il laisse faire les discours nationalistes Amharas et se place, lui, dans un discours nationaliste éthiopien où il se dit sauveur de la nation. Sa mère lui a dit qu'il était le septième roi d'Ethiopie.     Mehdi Labzaé

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......