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Des agricultures marchent à côté d'un char endommagé au sud-ouest de Mekele dans la région éthiopienne du Tigré, en juin 2021.

En Éthiopie, les rebelles tigréens se rapprochent d'Addis Abeba

13 min
À retrouver dans l'émission

L'ONU a publié hier un rapport controversé faisant état de possibles violations des droits de l'Homme dans le conflit qui oppose l'armée éthiopienne aux rebelles du Tigré. Malgré le manque d'informations, les dernières opérations militaires laissent présager d'une victoire prochaine des rebelles.

Des agricultures marchent à côté d'un char endommagé au sud-ouest de Mekele dans la région éthiopienne du Tigré, en juin 2021.
Des agricultures marchent à côté d'un char endommagé au sud-ouest de Mekele dans la région éthiopienne du Tigré, en juin 2021. Crédits : Yasuyoshi CHIBA / AFP - AFP

L’émissaire américain pour la Corne de l’Afrique se rend aujourd’hui en Ethiopie, dernière chance peut-être d’arracher un cessez-le-feu aux deux parties engagées dans un conflit qui dure depuis un an jour pour jour.

Les forces de défenses tigréennes et leurs alliés Oromo semblent avancer pour certains vers la capitale Addis-Abbeba et pour d’autres vers Djibouti, comme pour en couper l’accès…

Que feront les Ethiopiens, les civils que le Premier ministre Abiy Ahmed a appelés à prendre les armes ?

Avec René Lefort, historien spécialiste de la Corne de l'Afrique. 

Parmi la population civile éthiopienne, je distinguerais trois groupes. Il y a celui des enragés, essentiellement du côté des paramilitaires amharas qui semblent décidés à mener le combat, y compris s'ils n'ont plus que des moyens dérisoires pour le faire - les dernières informations que j'ai obtenues indiquent par exemple qu'il y a des camions entiers de combattants qui montent au front avec simplement un homme sur deux avec une arme, le reste ont des machettes ou des couteaux. Le deuxième groupe est ceux qui sont complètement perdus : qu'est ce qui va se passer? Qu'est ce que je vais faire? Qu'est ce qui va m'arriver? Est ce que je dois rester, partir? Et le troisième groupe, ce sont ceux qui disent : les jeux sont faits, et je ne vais pas mourir pour Aby Ahmed, le premier ministre. Ce qu'on a du mal en revanche à déterminer, c'est l'importance respective des deux derniers groupes.     René Lefort

Les combattants tigréens ont un objectif et un seul : faire cesser au plus vite le blocus de la région tigréenne qui dure depuis le mois de juin. Cinq millions de Tigréens, sur les six millions que compte le Tigrée, ont besoin d'une aide alimentaire d'urgence. Donc, comment arrêter ce blocus, et faire tomber Abiy Ahmed? Il n'y a pas d'autre solution aux yeux, en tous les cas, des Tigréens. Ils ont deux options : soit ils vont jusqu'à Addis-Abeba et ils font tomber le régime, soit ils vont couper le corridor Djibouti - Addis-Abeba, par lequel transitent 90% des importations et exportations éthiopiennes. S'ils coupent le corridor, très vite l'Ethiopie n'aura plus d'essence. Donc je pense que ces forces tigréennes essayent de voir quelle serait pour eux la meilleure option. Même s'il est vrai qu'il peut se présenter une troisième option, qui serait une espèce de coup d'État interne et qui ferait tomber Abiy Ahmed, puis une sorte d'administration intérimaire avec laquelle les Tigréens sont prêts à discuter. Donc, le blocage, c'est Abiy Ahmed.    René Lefort

Intervenants
  • chercheur, spécialiste de la Corne de l’Afrique
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