LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

États-Unis. Dernière année de la présidence Obama : la marge de manœuvre en politique étrangère

8 min
À retrouver dans l'émission

Sur les grands dossiers de politique étrangère et après presque sept ans de pouvoir, le président Obama est souvent critiqué et son bilan somme toute assez maigre. Relations avec la Russie (incluant l’affaire ukrainienne), enlisement dans la question israélo-palestinienne, lâchage du président Moubarak en 2011, hésitation ou absence revendiquée de stratégie à l’égard de l’État islamique et de la guerre civile syrienne, relations avec les alliés européens, « pivot » vers l’Asie mais sans résultats vraiment tangibles, etc., ces sujets renvoient à une diplomatie qui manque de volontarisme et de cohésion. À cette critique, le président Obama pourrait répondre d’une part qu’il a hérité de la période Bush fils, souvent dévastatrice d’autre part, que le congrès lui est hostile depuis quelque cinq ans. Enfin, il pourrait se réclamer de quelques succès clés, entre autre l’Iran.

Mais sa marge de manœuvre ne va-t-elle pas être réduite, à l’approche de la présidentielle ?

Sergei Lavrov, John Kerry, Adel al-Jubeir et Feridun Sinirlioglu
Sergei Lavrov, John Kerry, Adel al-Jubeir et Feridun Sinirlioglu Crédits : Reuters

En RUSSIE, l'actuel catalyseur de la résistance envers la politique étrangère de John Kerry, on tente une explication sur tout ce qui empêche Poutine et Obama de s’entendre sur la Syrie et l'Irak. Avec ce constat : pour l’instant, il existe de facto deux coalitions anti-djihadistes concurrentes dans la région. L’une sous l’égide des Etats-Unis et de l’Arabie saoudite, l’autre comprenant la Russie, l’Irak, l’Iran et le gouvernement Assad.

On y insiste également sur le constat qu' « en dépit de l'effort apparent des USA d'écraser militairement l'Etat islamique en Syrie et en Irak, les idées djihadistes se propagent comme un virus ainsi que dans les environs. Un constat pas surprenant du fait que la coalition US censée lutter contre l'EI comprend les mêmes pays qui favorisaient l'expansion de l'EI à l'époque. »

On y reprend également des propos d'éditorialistes lus dans la presse américaine, comme par exemple cette explication venant du très estimé editorial board du New-York Times, évoquant la stratégie militaire de l'armée américaine en Syriequi n'hésite pas à affrimer que « les tentatives des Etats-Unis d'accélérer le renversement du président syrien Bachar el-Assad engendreront des conséquences désastreuses.»

Au Canada , pays voisin, ami et critique à la fois, on note que les États-Unis ont accusé mercredi dernier la Russie d'aggraver «dangereusement» le conflit en Syrie par des bombardements qui tuent des civils, font croître le flux de réfugiés dans les pays voisins et renforcent le régime de Damas plutôt que d'affaiblir le groupe État Islamique. La secrétaire d'État adjointe pour le Proche-Orient Anne Patterson a jugé que Moscou avait ainsi «dangereusement exacerbé un environnement déjà complexe», dans un pays ravagé par une guerre civile qui a fait au moins 250 000 morts et des millions de réfugiés.

Et de rappeler, qu'en pleine campagne électorale pour les primaires, le parti de Barack Obama se refuse à ce que les troupes américaines soient envoyées combattre en Syrie comme elles l'ont fait pendant la guerre en Irak avec des « bataillons et de l'occupation ». Cela ne règlerait pas le problème en Syrie, selon lui.

En Allemagne , le pays du seul gouvernement qui entretient de contacts étroits aussi bien avec les Etats-Unis qu'avec la Russie, on regrette amèrement que le Moyen-Orient, l'Irak et la Syrie en particulier, se commuent de plus en plus en champ d'altercation entre les deux principales puissances militaires rivales au monde : Washington et Moscou. Les raids russes et américains, non-coordonnés, renforcent ainsi la division des forces en présence sur le terrain et les fronts déjà ouverts entre le régime, les combattants kurdes, les milices arabes et les djihadistes. A l'heure où tous les analystes s'accordent pour dire que la solution du conflit syrien ne se trouve pas dans l'option militaire.

Et en Belgique , le pays qui héberge le siège de l'Aliance Atlantique (OTAN) depuis 1966, on s'inquiète de ce que risque de devenir la politique étrangère des Etats-Unis après l'élection présidentielle. Ben Carson, le candidat républicain qui talonne Donald Trump dans les sondages, s'exprimait il y a quelques jours lors d'une cérémonie de remise de diplômes à l'université Andrews, un établissement lié à l'Église adventiste du septième jour : "Ma théorie personnelle est que Joseph (le personnage biblique) a bâti les pyramides pour stocker des céréales". Dans cette même allocution, Monsieur Carson a écarté l'idée, selon lui défendue par certains experts, que des extraterrestres auraient conçu les pyramides. "On n'a pas besoin d'extraterrestres quand on a Dieu", a-t-il dit !

Intervenants
  • fondateur de la chaire Raoul-Dandurand en études stratégiques et diplomatiques (Université du Québec à Montréal), président de l'Observatoire sur les États-Unis
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......