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Une escorte policière protège les deux jeunes femmes du lynchage, après être entrées dans le temple sacré de Sabarimala consacré au dieu Ayappa

Inde : les femmes au temple, menace ou opportunité pour le BJP ?

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La Cour Suprême vient de reporter son jugement définitif sur l’accès aux femmes dans les lieux sacrés. Depuis quatre mois, le Temple d’Ayappa dans le Kerala est l’objet d’une âpre dispute judiciaire et de violentes manifestations. C'est aussi un enjeu politique à l'approche des élections générales.

Une escorte policière protège les deux jeunes femmes du lynchage, après être entrées dans le temple sacré de Sabarimala consacré au dieu Ayappa
Une escorte policière protège les deux jeunes femmes du lynchage, après être entrées dans le temple sacré de Sabarimala consacré au dieu Ayappa Crédits : AFP - AFP

Le 2 janvier dernier, deux femmes se sont recueillies au temple de Sabarimala dans l'Etat du Kerala, au sud de l'Inde, un temple dont l'accès est interdit à toute présence féminine en âge de procréer. La Cour Suprême indienne a pourtant dénoncé cette mesure en la déclarant discriminatoire le 28 septembre 2018. Mardi 22 janvier, alors que des manifestations violentes se sont produites dans la région tropicale, la Cour a finalement reporté son jugement concernant l'accès définitif des femmes aux temples sacrés. Plus de 1350 personnes ont été arrêtées suite à des affrontements entre des militants hindous et la police.

Ce grand temple est l'un des plus sacrés de l'hindouisme, il a fait l'objet d'une bataille judiciaire pendant 20 ans autour de cette interdiction touchant les femmes de 10 à 50 ans. Le 4 janvier, une troisième femme a réussi à entrer dans le temple. 

Une intervention juridique dans les rituels quasi rare

La question de l'impureté est centrale pour comprendre les enjeux sur l'accès au temple. Au début du XXe siècle, on observe des mouvements de lutte pour entrer dans les temples de la part de la communauté des intouchables parce que leur interdiction d'accès était le symbole de leur impureté. Les féministes ont à peu près la même logique : ce n'est pas tant l'accès au temple qui compte mais le fait de refuser le stigmate de l'impureté des femmes. Virginie Dutoya

Si le droit civique est, en principe, garanti par la Cour suprême, le gouvernement Modi est quant à lui plus contradictoire dans sa conception de l'égalité entre les sexes. En tant que parti nationaliste hindouiste, le BJP est clairement en faveur des traditionalistes du temple de Sabarimala et les prochaines élections générales l'incitent à faire de ce temple un symbole de sa politique cultuelle, malgré sa faible implantation dans la région et la perte d'électeurs dans plusieurs Etats indiens.

Intervenants
  • chercheuse au CNRS, Centre d'Etudes de l'Inde et de l'Asie du Sud
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