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Un commerçant exhibant les masques du Premier ministre indien Narendra Modi et du président du Parti du Congrès indien Rahul Gandhi en vente dans un magasin en bordure de route à Chennai le 14 mars 2019.

Inde : Modi contre Gandhi, une polarisation dangereuse ?

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La 2ème phase des plus grandes élections démocratiques du monde se poursuivait hier pour 900 millions d’électeurs, dont 84 nouveaux. Affaibli, Narendra Modi et le BJP au pouvoir ont durci leur campagne. Comparé à 2014, la tension est plus nette, face à Gandhi et au parti du Congrès, et dans la rue.

Un commerçant exhibant les masques du Premier ministre indien Narendra Modi et du président du Parti du Congrès indien Rahul Gandhi en vente dans un magasin en bordure de route à Chennai le 14 mars 2019.
Un commerçant exhibant les masques du Premier ministre indien Narendra Modi et du président du Parti du Congrès indien Rahul Gandhi en vente dans un magasin en bordure de route à Chennai le 14 mars 2019. Crédits : ARUN SANKAR / AFP - AFP

Sept phases de vote réparties sur six semaines pour élire 545 députés représentant 900 millions d'Indiens. C'est évident, dans la plus grande démocratie du monde, les élections législatives de 2019 sont un véritable marathon. Deux poids lourds politiques participent à cette course électorale historique : Narendra Modi, Premier ministre charismatique issu du Bharatiya Janata Party (BJP), et Rahul Gandhi, héritier de la famille Nehru-Gandhi et président du parti du Congrès.

Contrairement à 2014, le BJP durcit son discours identitaire pour resserrer son électorat

L'enjeu est de taille pour le parti nationaliste hindou de Narendra Modi. Après 5 ans au pouvoir, le BJP n'a pas réussi à tenir sa promesse, la relance de l'économie indienne, et en guise de répresailles, quatre Etats clés sur les 27 existant en Inde ne sont plus contrôlés par ce parti, à savoir le Chhattisgarh, le Madhya Pradesh et le Rajasthan, situés dans le nord, et le Karnataka dans le sud. 

Aujourd'hui il y a deux types de tensions dans ces élections : des tensions identitaires avec la promotion d'une Inde strictement hindoue au sein de laquelle les minorités musulmanes et chrétiennes sont discriminées et invitées à se convertir à l'hindouisme ou à quitter le pays, et des tensions très fortes d'affrontements entre personnes puisque Narendra Modi, personnifiant beaucoup autour de son personnage (...) est une personnalité clivante qui donne lieu à des passes d'armes et à des attaques très violentes. Charlotte Thomas

Face à un mécontentement social grandissant, le Premier ministre voit sa carrière politique menacée. Mais, paradoxalement, le Premier ministre indien reste très populaire. Ce dernier bénéficie d'une propagande électorale de grande ampleur dans les télécommunications, comme la chaîne NaMo TV ou la sortie d'un film biographique, finalement interdite de diffusion jusqu'au 19 mai, date de clôture des élections, par la commission électorale. 

Du côté du Parti du Congrès, l'enjeu majeur reste le jeu des alliances avec les partis régionaux, clé de voûte de la politique locale indienne, pour battre le BJP qui l'a renversé avec un immense succès en 2014. Rahul Gandhi fustige avant tout le mauvais bilan économique du gouvernement Modi en se focalisant sur la pluralité, la laïcité, la lutte contre la pauvreté et le chômage ou encore l'aide à la paysannerie, très endettée actuellement. Mais il semble esquiver la question identitaire en ne manifestant pas un fervent soutien aux minorités religieuses, notamment au Cachemire, terrain de tensions central entre l'Inde et le Pakistan, où les manifestants ne sont pas distingués des terroristes par le gouvernement central qui veut toujours justifier l'exercice de la violence, comme l'analyse Charlotte Thomas sur The Conversation

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Ecoutez l'analyse de Charlotte Thomas sur la stratégie électorale de Rahul Gandhi

L'alliance du Parti du Congrès avec les partis régionaux peut être à double tranchant : d'après les projections, ce serait un coup très dur pour le BJP. En revanche, dans les cas où les alliances sont plus compliquées et pourraient peut-être se faire après les résultats, ça risque de desservir les partis "de gauche" ou de centre puisqu'il y aurait un éclatement de voix entre le Congrès et son futur, ou pas, partenaire face au BJP. Charlotte Thomas

Intervenants
  • directrice du programme Asie du Sud du collectif de chercheurs Noria, spécialiste des minorités musulmanes en Inde
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