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Cette semaine à Pékin,  Xi Jinping invite une brochette de dirigeants africains à se partager 60 millions de dollars d'aide au développement, lors du Forum annuel sur la coopération sino-africaine

Afrique - Chine : un "piège de la dette" ?

10 min
À retrouver dans l'émission

53 Etats africains représentés et 60 milliards de dollars de promesses financières : ce sont les chiffres spectaculaires du 7ème Forum sur la Coopération Sino-africaine (FOCAC) à Pékin.

Cette semaine à Pékin,  Xi Jinping invite une brochette de dirigeants africains à se partager 60 millions de dollars d'aide au développement, lors du Forum annuel sur la coopération sino-africaine
Cette semaine à Pékin, Xi Jinping invite une brochette de dirigeants africains à se partager 60 millions de dollars d'aide au développement, lors du Forum annuel sur la coopération sino-africaine Crédits : MADOKA IKEGAMI / POOL - AFP

La moitié du commerce courant entre la Chine et l’Afrique chinois se passe comme ça, au cul du camion !                   Jean-Joseph Boillot

L’événement triennal est désormais habituel, la somme est la même qu’annoncée en  2015 ; «pour le développement», souligne le président Xi Jinping ; mais l’ampleur accumulée des investissements chinois  sur le continent (dont encore 500 milliards de dollars pour des projets  à venir) fait de la Chine un créancier puissant.

C’est d’abord la conjonction de deux mouvements : d’un côté la montée en  puissance des financements chinois en Afrique et dans le monde  (Nouvelles  Routes de la Soie, BAII…), de l’autre la préoccupation croissante pour  une crise des dettes africaines, à 40 % en Afrique subsaharienne, voire à  plus de 100 % du PIB de certains pays. Le FMI et le Banque Mondiale s’en sont inquiétés cette année. Or, comme  une importante proportion de ces dettes est contractée envers des entreprises ou banques chinoises (plus de 70 % au Kenya ou au Cameroun),  certains soupçonnent des contreparties opaques et une relation  prédatrice. A Addis Abeba au printemps, l’ancien secrétaire d’Etat Rex Tillerson avait directement accusé Pékin d’une stratégie de  mise en coupe délibérée : « le modèle de financement est fait d'une telle manière que lorsque le pays a des difficultés financières, il perd le contrôle de ses propres infrastructures,  de ses propres ressources ».

La Chine met plus de la moitié des sommes dont l’Afrique a besoin pour ses infrastructures. Et ça se voit ! Quand je vais en Ethiopie, partout il y a des routes, des bus chinois, l’aéroport a été entièrement fabriqué par eux. Elle atteint une position d‘hégémonie qui casse la concurrence et c’est là qu’est la problème.          Jean-Joseph Boillot

Des observateurs plus neutres s’interrogent sur les conséquences politiques de cette prééminence des créances chinoises. Car la même question se pose en Asie, au Sri Lanka ou en Malaisie, dont le président Mahatir  Mohamad a récemment fait sensation en se retirant de projets chinois dont il a dénoncé le «néocolonialisme». Certains analystes amateurs de formule parlent d’une «Diplomatie de la  dette piégeuse», ou « piégée »… 

Le Président Xi Jinping a beau se défendre de former un «club chinois» et revendiquer des «coopérations mutuellement bénéfiques», cette fois,  la «Chinafrique» a jugé nécessaire de répondre aux inquiétudes, Paul  Kagame, Macky Sall ou Cyril Ramaphosa se sont succédés à la tribune pour louer leurs relations bilatérales. 

Pour un pays en développement, la Chine représente un moyen rapide de s’équiper en infrastructures, faire vivre une classe moyenne et diversifier les partenaires diplomatiques ; mais «l’appétit» (disait le FMI du  Kenya) pour les prêts chinois se paie parfois au prix de contreparties aliénantes ou moins transparentes… Particulièrement en Afrique ? 

Si la Chine est aussi forte aujourd’hui, c’est parce qu’elle est arrivée au moment où les pays occidentaux appliquaient à l’Afrique des programmes d’austérité majeure.    Jean-Joseph Boillot

Dépendance sub-saharienne au commerce avec la Chine, carte des pays africains concernés, principaux échanges et évolution des exportations
Dépendance sub-saharienne au commerce avec la Chine, carte des pays africains concernés, principaux échanges et évolution des exportations Crédits : NICK SHEARMAN, VALENTINA BRESCHI, VINCENT LEFAI - AFP

Jean-Joseph Boillot >> @jjboillot      

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Le sentiment d’une Chine investissant lourdement sur le continent  africain demeure cependant une perception fantasmée. Dans les faits, la  présence chinoise en Afrique, bien réelle, est plus compliquée.  Avant d’être un investisseur massif, la Chine fournit surtout des marchandises et des services.    ARTICLE PUBLIE CE JOUR SUR LE SITE "THE CONVERSATION"

Intervenants
  • Professeur agrégé de sciences sociales et docteur en économie, chercheur à l'IRIS spécialiste des grands pays émergents
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