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Le président Hassan Rouhani visite le cockpit du tout nouveau jet de combat iranien "Kowsar" lors du salon aéronautique de Téhéran, la semaine dernière

Iran sous sanctions : vers une déstabilisation ou un durcissement ?

10 min
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Trois semaines après le rétablissement des sanctions économiques contre l’Iran par les Etats-Unis, la pression sur le régime iranien est perceptible. D’abord, l’Iran risque l’étranglement économique.

Le président Hassan Rouhani visite le cockpit du tout nouveau jet de combat iranien "Kowsar" lors du salon aéronautique de Téhéran, la semaine dernière
Le président Hassan Rouhani visite le cockpit du tout nouveau jet de combat iranien "Kowsar" lors du salon aéronautique de Téhéran, la semaine dernière Crédits : AFP PHOTO / HO / IRANIAN PRESIDENCY - AFP

Les sanctions mettent tout le monde à cran en Iran.      Thierry Coville

La première vague de sanctions états-uniennes le 6 août sur les métaux précieux, l’automobile et les transactions en dollars, a détourné les grandes entreprises  étrangères (PSA, Total, British Airways…), la monnaie nationale le rial a  été dévaluée deux fois de moitié depuis le début de l’année, et l’inflation désormais à 20 % remonte à des niveaux inégalés depuis 2015. Le prix de la viande par exemple a été multiplié  par 2,5 en mai et juillet.  

Sur le plan diplomatique, l’Iran risque aussi l’isolement. Les propos de l’administration américaine depuis les manifestations en début d’année sont peu équivoques sur leur désir de voir un changement de régime – même si Donald Trump se réserve la possibilité d’une entrevue avec le Président Rohani. Quant à l’Union Européenne, bien qu’elle ait d’abord  annoncé vouloir contourner la menace de représailles américaines sur les entreprises qui continueraient à commercer, elle n’a pas encore mis en place les dispositifs évoqués de garantie des  transactions par les banques centrales, ou en les faisant passer directement en euro. La position de la France est également ambiguë : alors qu’elle avait dénoncé la sortie américaine de l’accord, la révélation d’une note du Ministère des Affaires Etrangères  recommandant aux diplomates et particuliers de ne pas se rendre en Iran à cause d’un «durcissement» du régime dévoile une attitude moins affirmée. 

Avec tous les soupçons de corruption, Rohani doit démontrer que le population peut encore lui faire confiance.         Thierry Coville

Si l’Europe fait défaut lors de la deuxième vague de sanctions sur les exportations pétrolières prévue en novembre (80 % des exportations iraniennes, 20 % des recettes), la Chine, la Russie et l’Asie Centrale seront peut-être les seuls débouchés et recours diplomatiques pour la République Islamique.    

Les intentions américaines ne sont pas tout à fait claires mais la position de Washington a déjà des effets déstabilisateurs sur le régime :  le Ministre du travail et le Ministre de l’économie ont été limogés en  août, et Hassan Rohani était hier difficulté face au Parlement qui l’avait convoqué : interrogé sur 5 points (dont le chômage, l’inflation,  les sanctions bancaires…), une seule de ses réponse a reçu l’approbation des députés. Pour l’instant le guide suprême,  l’Ayatollah Khamenei a réitéré sa confiance au président. 

Une des principales inconnue reste l’attitude de la population iranienne  pour laquelle les conditions de vie se durcissent. Une partie d’entre elle s’était révoltée au début de l’année à cause de l’augmentation du coût de la vie, des mesures d’austérité et de la corruption. Maintenir un minimum de confiance avec elle sera un des défis des prochains mois  pour le régime. Si les Etats-Unis espèrent un délitement, la possibilité d’un durcissement n’est pas exclue. 

Données économiques sur l'Iran
Données économiques sur l'Iran Crédits : Simon MALFATTO, Sophie RAMIS, Kun TIAN - AFP
Principales dates clefs depuis l'arrivée de Hassan Rohani au pouvoir en 2013
Principales dates clefs depuis l'arrivée de Hassan Rohani au pouvoir en 2013 Crédits : Kun TIAN, Gillian HANDYSIDE - AFP

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