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Le député d'extrême-droite Itamar Ben Gvir aux abords du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-est. Le député multiplie les provocations dans ce quartier où des familles palestiniennes sont menacées d'expulsion.

Israël : comment Benyamin Netanyahou a-t-il légitimé la droite suprémaciste ?

11 min
À retrouver dans l'émission

Entretien avec Denis Charbit, maître de conférences au département de sociologie, science politique et communication à l’université ouverte d’Israël.

Le député d'extrême-droite Itamar Ben Gvir aux abords du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-est. Le député multiplie les provocations dans ce quartier où des familles palestiniennes sont menacées d'expulsion.
Le député d'extrême-droite Itamar Ben Gvir aux abords du quartier de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-est. Le député multiplie les provocations dans ce quartier où des familles palestiniennes sont menacées d'expulsion. Crédits : Gil COHEN-MAGEN - AFP

Pour assurer sa propre survie politique, Benyamin Netanyahou a donné une place et une légitimité à une ultradroite raciste, qui prône l’éviction pure et simple des Arabes d’Israël. Cette droite existait jusque-là mais de façon marginale, dans l’appareil d’Etat… Benyamin Netanyahou en a eu besoin pour se maintenir au pouvoir.

Notre invité ce matin invoque pour parler le « golem » de la mythologie juive, tantôt masse informe ou monstre de glaise, tantôt leurre, mirage à forme humaine… de toute façon créé par l’homme. En général, le golem finit par se retourner contre son créateur.

La première apparition publique d'une organisation suprémaciste, ce sont les supporteurs de l'équipe de foot de Jérusalem, le Beitar.  Ces groupes de supporters n'hésitaient pas à faire tout leur possible pour s'opposer, par exemple, au fait que l'équipe puisse compter un joueur qui soit musulman. Chaque fois qu'un joueur arabe israélien tirait un goal, c'étaient des appels au meurtre... Et cela était considéré d'une certaine manière par les pouvoirs publics comme la seule manifestation autorisée, en espérant qu'elle n'aille pas plus loin. Or, elle est allée plus loin. Elle a pris beaucoup plus d'ampleur, aussi parce que la coexistence entre Juifs et Arabes a complètement changé. Jusqu'aux années 80, les Juifs et les Arabes habitaient chacun dans leur espace et ne travaillaient pas dans les mêmes plateformes de travail. Aujourd'hui, nos relations sont beaucoup plus proches. La coexistence existe et fait peur à une organisation, La flamme, qui existe depuis une dizaine d'années et se bat pour que ces contacts soient limités.    Denis Charbit

Aujourd'hui en Israël, la presse s'interroge sur l'opportunité d'interviewer Itamar Ben Gvir [député suprémaciste]. Son parti compte 100 000 électeurs. Et pour contenir cette pression, les médias procèdent à un examen de conscience.    Denis Charbit

Intervenants
  • professeur de science politique à l'Open University d'Israël
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