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Le Pâpe François en visite à Lampedusa, à l'été 2013

Italie et Libye. Rome et le dossier des réfugiés en Europe.

9 min
À retrouver dans l'émission

Avant la décision de l’Allemagne en 2015 d’ouvrir toutes les frontières aux émigrants syriens, l’Italie (avec la Grèce) a été le pays européen le plus exposé aux vagues d’immigration massives, cela depuis de nombreuses années.

Le Pâpe François en visite à Lampedusa, à l'été 2013
Le Pâpe François en visite à Lampedusa, à l'été 2013 Crédits : POOL New - Reuters

Rome a souvent tiré la sonnette d’alarme mais n’a déclenché fréquemment qu’une compassion polie à Bruxelles. On rappellera qu’elle avait déjà dû gérer l’afflux de réfugiés albanais durant les guerres d’ex-Yougoslavie et les réfugiés d’Afrique sub-saharienne débarquant dans l’île de Lampedusa. De plus, le pays s’inscrit géographiquement en bordure de la fameuse « route des Balkans », empruntée par les réfugiés du Proche-Orient et surtout de Syrie. Mais Slovénie, Croatie et Macédoine ont pu fermer leurs frontières, modifiant les flux.

Quelle est aujourd’hui la nouvelle situation de l’Italie en la matière, confrontée de plus à l’arrivée de Libyens ? Craint-elle la réactivation de la route adriatique, les réfugiés arrivant dans les Pouilles par l’Albanie toute proche ? Pourquoi faut-il intégrer ce dossier à la fois tragique, complexe et majeur dans son environnement pleinement méditerranéen ?     Th. G.

Des migrants africains débarquent d'un vaisseau italien dans le port d'Augusta
Des migrants africains débarquent d'un vaisseau italien dans le port d'Augusta Crédits : Antonio Parrinello - Reuters

Les escroqueries révélées il y a plus d'un an déjà par le scandale Mafia Capitale ne seraient que le sommet de l’iceberg de tout un système de détournement d'argent public, organisé par la mafia, autour des subventions accordées pour l'hébergement des réfugiés. Selon le juge Raffaele Cantone, chargé de la lutte anti-corruption à Rome, le phénomène gangrène progressivement toute l’Italie. “On continue aussi de travailler sur des affaires en Campanie. Par exemple, l’enquête menée à Naples a montré que des propriétaires de centres d’accueil détournaient ce qu’on appelle l’argent de poche des demandeurs d’asile. Ces sommes, données par le gouvernement Renzi et qui devraient être reversées chaque jour à chaque migrant étaient utilisées à des fins personnelles” par les responsables associatifs, souligne le directeur de l’Autorité nationale anti-corruption.

Et justement, l’attente d’une réponse administrative pour les demandes d’asile est le plus souvent interminable. Officiellement, les préfectures n’arrivent pas à faire face au nombre. Mais [beaucoup accusent aussi certains fonctionnaires de s'entendre avec des gestionnaires de centres pour tirer profit de ces délais](http://Les escroqueries révélées il y a plus d'un an déjà par le scandale Mafia Capitale ne seraient que le sommet de l’iceberg de tput un système d'escroquerie organisée par la mafia autour des subventions accordées popur l'hébergement des réfugiés. Selon le juge Raffaele Cantone, chargé de la lutte anti-corruption à Rome, le phénomène gangrène toute l’Italie. “On continue de travailler sur des affaires en Campanie : par exemple, l’enquête menée à Naples a montré que des propriétaires de centres d’accueil détournaient ce qu’on appelle l’argent de poche des demandeurs d’asile, l’argent qui devait être versé chaque jour aux migrants était utilisé à des fins personnelles,” souligne le directeur de l’Autorité nationale anti-corruption. L’attente d’une réponse administrative pour les demandes d’asile est le plus souvent interminable. Officiellement, les préfectures n’arrivent pas à faire face au nombre. Mais beaucoup accusent aussi certains fonctionnaires et gestionnaires de centres de tirer profit de ces délais. “C’est dur tous les jours, nous indique Ebrima Kanteh, un demandeur d’asile gambien. On est 103 personnes ici, y en a que trois qui ont reçu des papiers. Pourquoi ? On est ici depuis un an, sept mois, sans nos papiers. Comment ça se fait ? lance-t-il avant d’ajouter : Ils font tous du business sur notre dos ici, ils n’ont rien à faire de nos problèmes de santé, d’argent, de travail, tout est bloqué ici et nous, on est là, dans l’obscurité,” dénonce-t-il. Rien que la journée d'hier fut particulièrement éprouvante pour les gardes-côtes italiens. Ils ont secouru 1850 migrants dans la seule journée de lundi entre la Sicile et les côtes libyennes. Selon des chiffres du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) datant de fin mars, environ 17'500 personnes sont arrivées en Italie en un peu plus de deux mois, début 2016), en se partageant l'argent détourné.  “C’est dur tous les jours, nous indique Ebrima Kanteh, un demandeur d’asile gambien. On est 103 personnes ici, y en a que trois qui ont reçu des papiers. Pourquoi ? On est ici depuis un an, sept mois, sans nos papiers. Comment ça se fait ? lance-t-il avant d’ajouter : Ils font tous du business sur notre dos ici, ils n’ont rien à faire de nos problèmes de santé, d’argent, de travail, tout est bloqué ici et nous, on est là, dans l’obscurité,” dénonce-t-il.

Rien que la journée d'hier fut particulièrement éprouvante pour les gardes-côtes italiens. Ils ont secouru 1850 migrants dans la seule journée de lundi entre la Sicile et les côtes libyennes. Selon des chiffres du Haut commissariat aux réfugiés de l'ONU (HCR) datant de fin mars, environ 17'500 personnes sont arrivées en Italie en un peu plus de deux mois, début 2016

Intervenants
  • philosophe, professeur en sciences de l’information et de la communication à l'Université Rennes II
L'équipe
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