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Le président par intérim du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev (en bas) et l'ancien président, Nursultan Nazarbaïev (en haut), assistent à une session conjointe des deux chambres du Parlement à Astana le 20 mars 2019.

Kazakhstan : une transition dans l’ombre de Nazarbaïev ?

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Une élection présidentielle anticipée le 9 juin : l'annonce du président intérimaire Tokaïev il y a une semaine est une deuxième surprise après la démission de Noursoultan Nazarbaïev au bout de 30 ans de pouvoir. Le calendrier accélère : pour verrouiller l'héritage ou favoriser une transition?

Le président par intérim du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev (en bas) et l'ancien président, Nursultan Nazarbaïev (en haut), assistent à une session conjointe des deux chambres du Parlement à Astana le 20 mars 2019.
Le président par intérim du Kazakhstan, Kassym-Jomart Tokaïev (en bas) et l'ancien président, Nursultan Nazarbaïev (en haut), assistent à une session conjointe des deux chambres du Parlement à Astana le 20 mars 2019. Crédits : STR / AFP - AFP

« J'ai pris la décision de renoncer au mandat de président. Cette année marquera les 30 ans de mon arrivée au poste de chef de l'Etat. » A moins d'un an de l'élection présidentielle, Nouroulstan Nazarbaïev a provoqué une vraie surprise lors de son allocution télévisée du 19 mars. Dernier dirigeant de l'ex-URSS à être resté au pouvoir depuis 1991, le président du Kazakhstan annonce sa démission pour laisser la place à une "nouvelle génération de dirigeants". 

Seul hic, après son départ, il dispose de pouvoirs étendus grâce à une loi votée en 2018 et son statut de "Père de la Nation" qui lui garantit l'immunité judiciaire et un rôle influent. Un faux départ loin d'être ignoré par la population qui conteste fortement la situation sociale déplorable de la première économie d'Asie centrale depuis la baisse du prix des hydrocarbures en 2014. Pour déterminer l'après-Nazarbaïev, le président par intérim Kassym-Jomart Tokaïev a convoqué une présidentielle anticipée le 9 juin.

Un président par intérim qui tente de rassurer la Russie et la Chine, principaux partenaires internationaux du Kazakhstan

Homme de confiance et diplomate reconnu par la communauté internationale, Kassym-Jomart Tokaïev risque d'être le favori du prochain scrutin même s'il n'a pas encore annoncé sa candidature. Le but de cette présidentielle anticipée est avant tout de rassurer les investisseurs et partenaires étrangers sur une possible période d'incertitude, provoquée par la démission de Nazabaïev. 

Lors de sa première visite officielle en Russie le 3 avril, le nouveau président kazakh a affirmé vouloir coopérer davantage avec la Russie dans les domaines militaire et nucléaire : "Je vais faire tout mon possible pour renforcer davantage le potentiel déjà atteint d'amitié entre nos peuples." Le Kazakhstan souhaite également conserver de bons rapports avec la Chine pour le transit de biens de consommation courante depuis ce pays et la poursuite d'investissements chinois dans le domaine énergétique sur le territoire du premier producteur mondial d'uranium. 

La Russie et la Chine sont des partenaires incontournables, ce sont les grands voisins, des partenaires économiques et diplomatiques importants dans le cadre de l'Organisation de coopération de Shangaï et de l'union économique eurasiatique. Adrien Fauve

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Ecoutez l'analyse d'Adrien Fauve sur la stratégie diplomatique du Kazakhstan vis-à-vis de l'Ouzbékistan
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