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Kurdistan. Turquie, Syrie, Irak : Trois Kurdistans, trois guerres différentes ?

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Les 35 millions de kurdes de Turquie, de Syrie, d'Irak et d'Iran : des Kurdistans tous différents ? Dans le Sud Est de la Turquie les combats entre l'armée turque et les militants du PKK durent depuis le début de l'été. En Turquie les tensions armées persistent entre le gvt et les différents groupes représentants les kurdes du pays... Le parti politique kurde légal le HDP – outsider aux législatives d’avant l’été – en paie également le prix : il a subi hier un coup très dur avec son exclusion par Erdogan du dialogue parlementaire qui doit mener à une nouvelle constitution.

Et les tensions s'étendent : mercredi dernier une explosion meurtrière à l'aéroport d'Istambul était revendiquée par un petit groupe urbain les Faucons de la Liberté du Kurdistan... Le lendemain l'armée turque annonçait avoir tué 200 militants du PKK.


En disgrâce rapide en Turquie, les kurdes sont aussi à un moment critique en dans toute la région où ils sont présents, avec des zones de conflits et d'intérêts très variés :

En Syrie, les combattants des YPG qui se sont illustrés à Kobané viennent de remporter une victoire importante contre l’EI avec des combattants arabes, ils pourraient former le cœur d'une future coalition démocratique et pro-occidentale. Ce sont les espoirs de certaines diplomaties ; mais rien n'est joué.

En Irak, les kurdes du Parti Démocratique du Kurdistan PDK se trouvent dans une position plus difficile. Donnés gagnants du nouvel Irak en 2009, ils sont aujourd'hui dans une position beaucoup plus délicate : faut-il aller jusqu'à dire qu'ils sont tenus par la Turquie, et lâchés par l'Irak ?

Plus largement, si l'on avait évoqué il y a 1 an et demi au moment de l'offensive de l'EI, la possibilité d'un Etat kurde transnational, d'un grand kurdistan, il faudrait bien parler aujourd'hui de 3 kurdistans.

Xavier Martinet

in the southeastern Turkish town of Nusaybin, near the Turkish-Syrian
in the southeastern Turkish town of Nusaybin, near the Turkish-Syrian Crédits : Reuters

L'arrivée dans la ville kurde de Sinjar (en langue kurde : شەنگال, en langue arabe : سنجار), tout juste libérée, est un choc. Tout a été détruit sur des kilomètres, dynamité par L'Etat Islamique, surtout dévasté par les frappes aériennes de la coalition. Les voitures sont calcinées. Les toits aplatis. "La bataille a duré un seul jour" , assure le général Ayad Hosin Doski. "La coalition a frappé très fort et nous avons pu avancer rapidement dans Sinjar." Les peshmergas n’ont fait aucun prisonnier et ont enterré les dépouilles des djihadistes pour "des raisons sanitaires" .

Terrés dans des caches et des tunnels, les djihadistes n’ont pas livré bataille à Sinjar, mais ont laissé une quantité de mines dans le centre et les villages avoisinants. "Dès que les gens ouvrent une porte… le frigo, la télévision, même les jouets, tout peut exploser dans votre propre maison. Nous avons vu des mines également sur des pompes à eau et dans des fauteuils. Déminer, reconstruire, cela va prendre du temps."

Aidés par des experts américains, britanniques et français, les Kurdes ont déminé plus de treize kilomètres dans Sinjar, désamorcé 200 mines terrestres et plus de 1600 explosifs contenant du TNT.

La population de la ville approchait les 40 00 habitants avant les massacres de l'Etat Islamique. Ils étaient majoritairementkurdes, de religion yézidie, avec une minorité de chrétiens assyriens et de musulmans sunnites.

Intervenants
  • Journaliste au Monde, spécialiste du Moyen-Orient
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