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Laboratoire épidémologique P4 à Wuhan, en septembre 2017.

Ce que le Covid fait à la science chinoise

11 min
À retrouver dans l'émission

En Chine, la prise de conscience que les avancées scientifiques pouvaient faire avancer le nationalisme, lui a permis d'être aujourd'hui la deuxième puissance scientifique mondiale. A l'occasion de la journée spéciale "Ce que le COVID fait à la science", entretien avec le chercheur Antoine Bondaz.

Laboratoire épidémologique P4 à Wuhan, en septembre 2017.
Laboratoire épidémologique P4 à Wuhan, en septembre 2017. Crédits : Johannes EISELE - AFP

Puisque c’est en Chine que tout a commencé, c’est en Chine que nous ouvrons sur France Culture une Journée spéciale, « Ce que le Covid fait à la science ».

Toute la journée, des émissions, des chroniques, des débats pour évaluer dans quelle mesure la parole des chercheurs, le pouvoir médical, la décision politique et la place des médias ont été bousculés par la crise sanitaire. 

En Chine, le Parti communiste a d’abord fait passer avant la science, le contrôle strict de l'information. En arrêtant les médecins qui alertaient sur une nouvelle maladie… en déclarant à l’OMS qu’il n’y avait pas de preuve que la maladie était transmissible d’homme à homme.

Il faut prendre avec tout le recul nécessaire les dernières informations de la Commission nationale de la santé chinoise qui a recensé hier seulement 12 nouveaux cas de contamination sur tout le territoire en 24h,... Tous concerneraient "des personnes venues de l’étranger".

Comment les scientifiques, les laboratoires chinois eux, se sont mis au diapason d’une pandémie ?

Le vaccin de Cansino est en soi extrêmement intéressant puisqu'il a été élaboré en partenariat avec l'Armée populaire de libération. Les recherches ont commencé dès la fin du mois de janvier avec un premier vaccin au mois de mars qui a été inoculé à certains militaires, dont la Générale Chen Wei, la cheffe de ce projet depuis le mois de mars. Et puis, depuis cet été, de nombreux autres militaires chinois se font inoculer le vaccin, alors même qu'il n'est encore qu'en phase 3. Il y a donc des autorisations en Chine pour une utilisation "d'urgence" de ce vaccin.     Antoine Bondaz

En Chine, on a assez vite compris que le secteur militaire peut faire bénéficier [de ses compétences et connaissances] à la recherche civile; puis, que le secteur civil peut faire bénéficier au secteur de la défense. Il y a donc une intégration civilo-militaire de plus en plus poussée. Pour vous donner un exemple, en août 2018 a été adoptée une nouvelle loi en Chine qui permet aux laboratoires nationaux clés, qu'ils soient civils ou militaires, de partager leurs données - c'est à dire leurs équipes de recherche, leurs équipements, mais aussi leurs pools de données. Ca pose des questions pour nous, lorsque l'on fait de la coopération avec des instituts civils, parce qu'ils pourraient transférer une partie de ces données à des instituts militaires.      Antoine Bondaz

Intervenants
  • chercheur à la Fondation pour la Recherche Stratégique, enseignant à Sciences-Po
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
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