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Un militaire de l'armée de défense du Karabakh tire vers des positions azéries lors de combats dans la région séparatiste du Haut-Karabakh le 28 septembre 2020.

Le Haut-Karabakh, une autre pièce dans le jeu russo-turc ?

12 min
À retrouver dans l'émission

Dans le conflit qui oppose à nouveau les armées de l'Azerbaïdjan d'un côté, et de l'Arménie de l'autre, la Turquie d'Erdogan affirme qu'elle aidera l'Azerbaïdjan "par tous les moyens". L'Arménie, elle, est soutenue par Moscou, plus ambivalente. Entretien avec le chercheur Thorniké Gordadzé.

Un militaire de l'armée de défense du Karabakh tire vers des positions azéries lors de combats dans la région séparatiste du Haut-Karabakh le 28 septembre 2020.
Un militaire de l'armée de défense du Karabakh tire vers des positions azéries lors de combats dans la région séparatiste du Haut-Karabakh le 28 septembre 2020. Crédits : HANDOUT / ARMENIAN DEFENCE MINISTRY - AFP

Les appels à un cessez-le-feu sont toujours ce matin ignorés par l'Azerbaidjan. Par l'Arménie aussi, qui soutient les séparatistes du Haut-Karabakh, ce territoire montagneux et autonome situé dans le sud du Caucase et peuplé à 95% d’Arméniens. République autoproclamée, elle est toujours revendiquée par Bakou (Azerbaïdjan) depuis qu’elle a fait sécession en 1991.

De part et d’autre de l’enclave séparatiste, des volontaires se préparent à monter au front. Les deux camps ont déjà échangé des tirs d’artillerie, déployé des blindés.

L’Azerbaïdjan s’engage à « vaincre »... Avec le soutien militaire turc.

Car le Haut-Karabakh sert aussi aux grandes puissances régionales pour leurs manœuvres géopolitiques.

Dans le cas précis de l'amitié entre la Turquie et l'Azerbaïdjan, la religion joue un rôle secondaire. Parce que l'Azerbaïdjan, bien que chiite, a des relations assez compliquées avec l'Iran, notamment au sujet de l'interprétation de l'histoire, et des craintes de l'Iran par rapport à sa propre minorité azérie. Le nord-ouest de l'Iran est peuplé de près de 15 millions d'Azéris. L'Iran a toujours regardé avec beaucoup de méfiance tous les mythes politiques pan-turquistes qui clameraient l'union des peuples turco ou turciques de la région, donc pendant la Première Guerre, pendant la guerre du Karabakh des années 90, l'Iran chiite a soutenu l'Arménie, et non pas l'Azerbaïdjan. Donc l'amitié turco-azerbaïdjanaise est surtout fondée sur cette proximité culturelle et ethnique qui ensuite, se traduit politiquement et économiquement.       Thorniké Gordadzé

L'Arménie fait partie de l'Organisation du traité de sécurité collective dirigée par Moscou. D'après ce pacte, si l'un des membres est attaqué, les autres (et principalement la Russie car on voit mal le Kirghizstan ou le Tadjikistan s'engager sur le terrain) sont tenus de le défendre. D'ailleurs à travers ce traité, l'Arménie reçoit pas mal d'armements de la technologie militaire russe, à des prix très avantageux, ce qui lui a permis de créer une armée relativement bien équipée. Le Karabakh lui, n'est pas couvert par ce traité puisque d'après le droit international, il fait partie de l'Azerbaïdjan. La Russie ne se verra obligée d'intervenir que si l'Arménie, le territoire strictement arménien, est attaqué par l'Azerbaïdjan ou par la Turquie. C'est pour cela que l'essentiel des combats aujourd'hui se déroule autour du Karabakh.        Thorniké Gordadzé

Intervenants
  • chercheur à Sciences Po Paris et ex-ministre géorgien de l'intégration européenne.
L'équipe
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