LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Les parties en conflit en Libye ont signé, vendredi 23 octobre, un cessez-le-feu national et permanent avec « effet immédiat », à l'ONU à Genève

Le dialogue inter-libyen : la théorie vs. la pratique

11 min
À retrouver dans l'émission

L'ONU se félicite du cessez-le-feu "permanent" obtenu auprès des différentes parties libyennes. Mais pour qu'il y ait cessez-le-feu, il faut qu'il y ait feu à cesser, or les armes s'étaient tues en juin. Le vrai défi: trouver un accord politique, rappelle notre invité, le chercheur Jalel Harchaoui.

Les parties en conflit en Libye ont signé, vendredi 23 octobre, un cessez-le-feu national et permanent avec « effet immédiat », à l'ONU à Genève
Les parties en conflit en Libye ont signé, vendredi 23 octobre, un cessez-le-feu national et permanent avec « effet immédiat », à l'ONU à Genève Crédits : VIOLAINE MARTIN / UNITED NATIONS / - AFP

Depuis la démission en mars dernier du représentant des Nations unies pour la Libye, Ghassan Salamé qui déplorait le manque de bonne volonté des interlocuteurs libyens, une diplomate américaine a repris le flambeau par intérim, Stéphanie Williams. C’est donc elle qui est chargée de suivre et d’encourager le dialogue entre les deux parties qui se toisaient sur le terrain il y a quelques semaines encore… d’un côté le gouvernement d’accord national installé à Tripoli et reconnu par l’ONU…. De l’autre, le maréchal Haftar et ses troupes, régnant sur l’est et une partie du sud.

L’appui de la Turquie a permis au premier de reprendre l’avantage en juin sur les seconds. A quelques jours d'une grande réunion inter-libyenne qui commencera la semaine prochaine à Tunis, les Nations unies ont obtenu un cessez-le-feu, signé par toutes les parties libyennes. « Tournant important vers la paix et la stabilité » veut croire l’ONU.

Il y a à peu près en ce moment en Libye un peu moins de 3 000 mercenaires russes, 2 000 mercenaires syriens du côté du maréchal Haftar, quelque 4 000 Syriens dans la zone de Tripoli du côté pro-turc... Il y a 3 000 Soudanais... J'ai pour ma part zéro espoir par rapport à un départ des forces non-libyennes. La présence émiratie et la présence russe, la présence turque, tout cela va demeurer. Une espèce d'équilibre des forces s'est instauré sur le terrain.      Jalel Harchaoui

La période est très différente du mois de mars, quand Ghassan Salamé avait démissionné de son poste de représentant de l'ONU pour la Libye. La défaite du maréchal Haftar d'abord, est un pas vers une forme de paix. Quand un camp se prend une raclée, c'est toujours un pas vers la paix, en théorie en tout cas. L'autre grand changement, c'est que la Turquie et la Russie, qui sont des adversaires dans le théâtre libyen, communiquent de manière quotidienne. C'est un peu un style de diplomatie à la XIXe siècle, c'est à dire que des adversaires arrivent à s'entendre, à parler. Donc, finalement, la donne diplomatique est un peu moins revêche qu'en mars. Mais le comportement des 75 Libyens qui ont été invités à faire partie de ce dialogue politique - même s'ils ne briguent pas, individuellement, de position politique - continuent à agir au nom des différentes factions qu'ils représentent. Et la mentalité reste d'abord une mentalité de sabotage, de part et d'autre.    Jalel Harchaoui

Intervenants
  • Spécialiste de la Libye, attaché supérieur de recherches à Global Initiative against Transnational Organized Crime à Genève, ancien chercheur à l'Institut des relations internationales de Clingendael, aux Pays-Bas
L'équipe
Production
Avec la collaboration de
Réalisation
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......