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Des partisans d'Alberto Fernandez célèbrent sa victoire dans les rues de Buenos Aires.

En Argentine fragilisée, le retour des péronistes

10 min
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Alberto Fernandez a remporté la présidentielle argentine dès le premier tour. A-t-il la même notion du péronisme que Christina Kirchner, sa colistière? Quelle marge de manœuvre budgétaire a-t-il pour mener une politique économique et sociale de gauche? Entretien avec le chercheur Olivier Dabène.

Des partisans d'Alberto Fernandez célèbrent sa victoire dans les rues de Buenos Aires.
Des partisans d'Alberto Fernandez célèbrent sa victoire dans les rues de Buenos Aires. Crédits : Emiliano Lasalvia - AFP

Il s’appelle Alberto Fernandez et c’est le nouveau président de l’Argentine. Les Argentins le connaissent bien, ils avaient déjà voté pour lui l’été dernier lors d’une « primaire » où il devançait déjà de loin le président sortant libéral Mauricio Macri.

Alberto Fernandez a été élu dès le premier tour à plus de 47% des voix, il prend la tête d’un pays très fragilisé, un pays en récession depuis plus d’un an, avec une inflation de plus de 37% qui rend très rude la vie au quotidien. Un Argentin sur trois est considéré comme « pauvre », et cela touche près de la moitié des enfants. Alberto Fernandez en a conscience, qui a dès l’annonce de son élection, admis que les temps à venir ne seraient pas faciles.

Quant aux investisseurs, dont l’Argentine a tant recherché les faveurs ces derniers temps, et qui rechignent de plus en plus à lui prêter de l’argent pour qu’elle rembourse ses aides, ils sont pour la plupart inquiets de ce retour du péronisme, longtemps synonyme d’interventionnisme de l’Etat.

Le péronisme d'Alberto Fernandez est un peu différent de celui des époux Kirchner, ne serait-ce que parce que c’est un péronisme unifié. Pendant la campagne, les différentes composantes du péronisme se sont ralliées à la candidature de Fernandez, la coalition comprend une vingtaine de partis politiques. Le péronisme est compatible avec plusieurs projets politiques, plusieurs idéologies. Et les marges de manœuvre du nouveau président vont être limitées, il est contraint par l'accord avec le FMI et n’a pas donné beaucoup de précisions concernant façon de financer son programme. Cela va être le grand enjeu de sa présidence.     Olivier Dabène

Intervenants
  • Professeur des Universités en science politique à Sciences-Po Paris, président de l'Observatoire politique de l'Amérique latine et des Caraïbes
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