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Le premier ministre Vietnamien Xuan Phuc applaudit à côté des représentants des autres pays signatures de l'accord de Partenariat régional économique global le 15 novembre.

La Chine est-elle la seule gagnante de l'accord de libre-échange asiatique ?

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Profitant du retrait américain de la scène internationale en cette période post-électorale, la Chine a annoncé la signature d'un partenariat entre 15 pays d'Asie et s'est posée en garante du multilatéralisme. Un grand exercice de communication, selon la chercheuse Françoise Nicolas.

Le premier ministre Vietnamien Xuan Phuc applaudit à côté des représentants des autres pays signatures de l'accord de Partenariat régional économique global le 15 novembre.
Le premier ministre Vietnamien Xuan Phuc applaudit à côté des représentants des autres pays signatures de l'accord de Partenariat régional économique global le 15 novembre. Crédits : Nhac NGUYEN - AFP

Signé la semaine dernière entre 15 pays asiatiques (Chine, Japon, Corée du sud, Nouvelle-Zélande...), le RCEP (pour Regional Comprehensive Economic Partnership) est l’objet de tous les superlatifs : ce serait le plus grand traité de libre-échange au monde, un accord historique… la Chine n’aurait jamais été aussi puissante.

Certes, dans les chiffres, ce partenariat crée la plus grande zone de libre-échange de la planète puisque les 15 pays signataires représentent à eux seuls un tiers de la population mondiale, et 30% du PIB mondial.

La Chine s’en arroge la victoire, même si en réalité ce n’est pas elle qui en est à l’initiative et qu’elle n’est pas la seule à en tirer parti...

Ce projet de partenariat date de 2012 et a été créé à l'initiative de l'Asean, et plus précisément de l'Indonésie. L'idée, c'était d'apporter une réponse au Partenariat transpacifique qui, lui, était poussé à l'époque par les Etats-Unis, et était perçu en Asie comme risquant de marginaliser l'Asean. Ce projet alternatif recentre le jeu sur l'Asie.  Les pays qui n'avaient pas encore entre eux des accords de libre-échange sont ceux qui en profiteront le plus. Le Japon, qui était absent d'un grand nombre d'accords bilatéraux, va ouvrir son marché à de nouveaux partenaires. La Chine ne sera assurément pas la seule à tirer parti.  Françoise Nicolas

Intervenants
  • Directrice du Centre Asie de l'Institut français des relations internationales (Ifri) et chercheur associée à l'université Paris-Est Marne-la-Vallée.
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