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Manifestation pour célébrer les dix ans de l'indépendance du pays

20 ans après la guerre du Kosovo, à qui profite l’indépendance ?

11 min
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Alors qu’il célèbre une décennie d’indépendance, le Kosovo est encore un Etat fragile à la souveraineté incertaine. Vingt ans après la guerre contre la Serbie dont il était une province, les pressions sont fortes pour aboutir à une normalisation internationale.

Manifestation pour célébrer les dix ans de l'indépendance du pays
Manifestation pour célébrer les dix ans de l'indépendance du pays Crédits : ALEXEY VITVITSKY - AFP

C’est ce que l’on pourrait appeler un accord « gagnant-gagnant-gagnant ». Si les tractations qui ont lieu en ce moment aboutissent, elles pourraient  ouvrir la voie à une pleine reconnaissance du Kosovo dans le monde  (actuellement reconnu par 115 Etats), par la Russie, la Chine, et d’abord la Serbie. Pour les deux entités, ce serait une condition pour  accélérer les processus respectifs d’adhésion à l’Union Européenne. En retour, ceci donnerait à l’Union une chance de tenir les délais (2025) du plan d’intégration de 6 pays des Balkans qu’elle a  lancé le mois dernier. 

Ira-t-on vers un accord de reconnaissance du Kosovo contre une relance de l’adhésion ? Premièrement les concessions mutuelles, territoriales et politiques, seraient importantes, et la Serbie ne veut pas parler d’un marchandage territorial. La question du Nord à majorité Serbe reste un point chaud, le Président Serbe Aleksandar Vucic parlait la semaine  dernière d’un « Himalaya » de difficultés. 

Une reconnaissance du Kosovo par la Serbie n'est pas à l'ordre du jour ; mais en avançant dans la voie vers l'Union Européenne, elle va arriver à cette question : difficile d'imaginer une intégration sans qu'on sache quelles sont les frontières du pays. Jean-Arnault Dérens

Deuxièmement, l’attitude ambigüe des autorités du Kosovo a fini par irriter l’UE et  les Etats-Unis, parrains historiques : notamment parce qu’elles se sont opposées à la validation d’un Tribunal spécial pour juger les crimes de guerre. Il doit émettre prochainement sa première liste d’inculpations mais les anciens combattants de l’UÇK et nationalistes l’estiment dirigé contre eux. Cette perspective intéresse aussi directement l’exécutif kosovar, dont les trois têtes, le Président Hashim Taçi, le Premier Ministre Ramush Haradinaj et le Président du Parlement Kadri Veseli sont des anciens commandants de  l’UÇK : « République des Commandants », comme l’ont baptisée  certains. 

Cette reconnaissance de responsabilité est une des conditions pour une normalisation. S’agit-il d’une pression de trop sur un pays trop  fragile ? 

@TEnjeux @XXMonde Jean-Arnault Dérens @Jaderens 

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