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Vue aérienne de la ville d'Idlib, mardi 12 février 2020.

Syrie : entre Turquie et Russie, le dialogue patine

10 min
À retrouver dans l'émission

Ankara et Moscou avaient donné le signal aux Syriens qu’Idlib serait une zone refuge puisque "démilitarisée" selon l’accord l'accord de Sotchi en 2018. Les deux puissances se considèrent comme garantes des accords de paix signés mais se révèlent sur le terrain des adversaires toujours aussi zélés.

Vue aérienne de la ville d'Idlib, mardi 12 février 2020.
Vue aérienne de la ville d'Idlib, mardi 12 février 2020. Crédits : OMAR HAJ KADOUR - AFP

En écho à l'émission d'hier sur les bombardements des villes, celle d'Idlib, dans le nord-ouest de la Syrie, s'est vidée d'au moins 100 000 personnes en une seule semaine. Les habitants ont fui vers la frontière turque pour échapper aux combats entre le régime syrien appuyé par les avions russes d’un côté, et les groupes rebelles soutenus par la Turquie.

Paradoxe de la relation entre Ankara et Moscou, deux acteurs qui se connaissent très bien, qui se sont mené au total treize guerres en quelques siècles... Et qui, en Syrie, se considèrent comme garantes d’accords de paix signés ensemble, tout en restant des adversaires toujours aussi zélés sur le terrain.

Lors des accords de Sotchi de septembre 2018, les Turcs se sont fait fort de parvenir à cette zone de désescalade à Idlib, et ils ont été mandatés pour la mettre en oeuvre. Sauf qu'il y avait un jeu de dupes. Et je crois que les dirigeants turcs se sont fait piéger par Poutine en l'occurrence. Idlib, c'est une poche où se trouve un concentré de forces djihadistes puisqu'au cours des années antérieures, à chaque fois qu'une place forte des djihadistes tombait sous les coups des Iraniens, des Russes et des forces loyalistes de Bachar el-Assad, il y avait un processus de négociation et une partie de ces combattants étaient envoyés vers Idlib. On savait que tôt ou tard, il y allait avoir un affrontement puisque les djihadistes se sont refusés aux demandes turques de désarmement et de cessez-le-feu. D'un point de vue militaire, politique et diplomatique, les Turcs sont comme piégés par la situation dont ils vont avoir quelque difficulté à sortir par le haut.       Didier Billion

Intervenants
  • directeur adjoint de l’IRIS, auteur notamment de « Géopolitique des mondes arabes », ed. Eyrolles.
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