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Manifestation d'opposition au gouvernement japonais en juillet 2019 à Séoul en Corée du Sud, en soutien aux "femmes de réconfort" coréennes qui ont servi d'esclaves sexuelles aux soldats japonais durant la Seconde Guerre mondiale.

Le Japon a-t-il payé son dû pour les "femmes de réconfort" ?

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La justice sud-coréenne a condamné l'Etat japonais à verser des dommages et intérêts à douze de ces anciennes esclaves sexuelles de l'armée impériale. Le Japon, lui, estime avoir réglé ce contentieux lors des accords de 2015. Entretien avec la maîtresse de conférences Christine Lévy.

Manifestation d'opposition au gouvernement japonais en juillet 2019 à Séoul en Corée du Sud, en soutien aux "femmes de réconfort" coréennes qui ont servi d'esclaves sexuelles aux soldats japonais durant la Seconde Guerre mondiale.
Manifestation d'opposition au gouvernement japonais en juillet 2019 à Séoul en Corée du Sud, en soutien aux "femmes de réconfort" coréennes qui ont servi d'esclaves sexuelles aux soldats japonais durant la Seconde Guerre mondiale. Crédits : JUNG YEON-JE - AFP

Le ministère japonais des Affaires étrangères dit envisager « diverses options » pour sanctionner la Corée du sud, après la décision d’un tribunal de Séoul. Car dans ce jugement c’est bien l’Etat japonais qui est condamné à verser 74 000 euros à chacune des douze femmes qui demandaient réparation dans ce procès.

Ces femmes que l’on appelle « de réconfort » étaient forcées à se prostituer pour l’armée impériale nippone pendant la Seconde guerre mondiale. Un contentieux récurrent, qui envenime toujours profondément les relations entre les deux pays.

Le recours aux "femmes de réconfort" est devenu très systématique à partir de 1938. Dès 1932, un rapport d'un médecin militaire indiquait qu'il ne fallait plus recourir aux prostituées professionnelles parce qu'elles étaient porteuses de maladies vénériennes. Ce n'est pas l'armée directement que se sont faits ces enrôlements, c'est plutôt par l'intermédiaire de policiers ou de proxénètes ; ceci dit, tous ces enrôlements se sont faits par la tromperie, par la force aussi. C'est surtout ce point que le gouvernement actuel nie. En 93, une petite fenêtre s'est ouverte pour la reconnaissance du rôle de l'armée japonaise dans cet esclavage sexuel. Et puis après, les responsables du Parti libéral démocrate, qui ont repris le pouvoir en 97, n'ont eu de cesse d'attaquer sur ce point là.  Christine Lévy

Intervenants
  • Maîtresse de conférences en études japonaises à l'Université Bordeaux Montaigne.
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