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Un manifestant irakien avec le slogan "Nous avons besoin d'un pays" peint sur la tête, pendant une manifestation anti-gouvernement le 13 novembre  2019, place Tahrir à Bagdad.

L'ingérence iranienne contestée: l'exemple irakien

10 min
À retrouver dans l'émission

« Iran barra »: L’Iran dehors, peut-on voir sur des pancartes brandies par manifestants irakiens. La remise en cause du système communautaire et politique dans le pays va de pair avec une remise en cause de l’ingérence étrangère, quelle qu'elle soit. Entretien avec le sociologue Adel Bakawane.

Un manifestant irakien avec le slogan "Nous avons besoin d'un pays" peint sur la tête, pendant une manifestation anti-gouvernement le 13 novembre  2019, place Tahrir à Bagdad.
Un manifestant irakien avec le slogan "Nous avons besoin d'un pays" peint sur la tête, pendant une manifestation anti-gouvernement le 13 novembre 2019, place Tahrir à Bagdad. Crédits : SABAH ARAR - AFP

Pour évoquer l'ingérence iranienne en Irak, il faut évidemment partir de 2003. A la chute du sunnite Saddam Hussein, les dirigeants chiites en exil en Iran rentrent à Bagdad et prennent la main sur les affaires courantes. Les Etats-Unis et l'Iran sont les deux "parrains" de ce nouvel Irak: aux premiers, un projet de "démocratisation" et aux seconds, un contre-projet, celui de "l'islamisation" de la société iranienne dans son ensemble. 

Alors si la remise en cause du système communautaire et politique en Irak depuis six semaines va de pair avec une remise en cause de l’ingérence étrangère, qu'elle soit américaine, turque, saoudienne… la critique de l’interventionnisme iranien est plus nouvelle. Elle apparaît aussi dans les défilés au Liban, où le Hezbollah soutenu et financé par l'Iran, est hué au même titre que les autres dirigeants du pays...

Les Etats-Unis, de George W. Bush jusqu’à Trump, ne travaillent que sur les élites irakiennes qui dirigent ce gouvernement. La République islamique elle, travaille sur les structures et infrastructures de la société irakiennes: oui, l’Iran a les moyens de financer les écoles, les centres culturels et… les milices. D'après nos estimations, les 64 milices irakiennes comptent à peu près 163 000 combattants, et 80% dépendent idéologiquement du corpus idéologique de l’Iran. Ils reçoivent leurs ordres directement du Guide suprême iranien Ali Khamenei. Entre Khamenei et le plus haut dignitaire chiite irakien Ali Sistani, il existe un rapport de forces pour la domination dans le champ politique chiite. Mais Sistani sait bien que c’est un cadre référentiel idéologique qui s’est imposé en Iran comme il s’est imposé en Irak au Liban, au Yemen… il ne peut rien faire, cette diversité théologique a été intériorisée et acceptée par tout le monde.      Adel Bakawan

Intervenants
  • directeur du département recherche de l'Institut de Recherche et d'Études Méditerranée Moyen-Orient (iReMMO), directeur du Centre de Sociologie de l'Irak (CSI/ Université de Soran)
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
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