LE DIRECT
Des manifestations contre le gouvernement ont lieu au Chili depuis le mois d'octobre. Ici à Santiago le 31 janvier. Un référendum sur la constitution aura lieu le 26 avril 2020

Au Chili, l'héritage non soldé des années Pinochet

10 min
À retrouver dans l'émission

Après un calme relatif de quelques semaines, le mouvement de contestation au Chili semble retrouver de la vigueur. Le pays se prépare à voter le 26 avril pour ou contre la nouvelle Constitution. Le texte actuel est directement hérité des années Pinochet. Entretien avec la chercheuse Marion Di Meo.

Des manifestations contre le gouvernement ont lieu au Chili depuis le mois d'octobre. Ici à Santiago le 31 janvier. Un référendum sur la constitution aura lieu le 26 avril 2020
Des manifestations contre le gouvernement ont lieu au Chili depuis le mois d'octobre. Ici à Santiago le 31 janvier. Un référendum sur la constitution aura lieu le 26 avril 2020 Crédits : MARTIN BERNETTI - AFP

Après une période plus calme de deux mois qui correspond aux grandes vacances dans l’hémisphère sud, la rentrée sociale en mars s’annonce à nouveau bouleversée. Dimanche 23 février, des manifestants ont voulu faire annuler un très grand festival musical à Vina del Mar, les forces de l’ordre sont intervenues. Le face-à-face a occasionné des dégâts principalement matériels. Au plus fort du mouvement social commencé le 6 octobre 2019, juste après l’annonce par le gouvernement de droite conservatrice de l’augmentation de 30 pesos - quelques centimes - du ticket de métro, les affrontements ont fait 31 morts.

Mais au-delà du tarif des transports, les manifestants chiliens veulent remettre à plat l’héritage de la dictature Pinochet. Ils ont obtenu que soit organisé, le 26 avril 2020, un référendum sur une nouvelle Constitution, celle en vigueur ayant été écrite sous la dictature militaire.

Il faut réfléchir à l'état des rapports de force pendant la transition politique : au Chili comme dans d’autres états d’Amérique latine, ce sont les militaires qui ont piloté la transition. Ils étaient en position de pouvoir dans institutions militaires comme dans les institutions politiques. La coalition de centre-gauche n’avait pas le poids politique nécessaire pour demander un changement de Constitution et des réformes structurelles. Le général Pinochet s’est même maintenu à la tête de l’armée jusqu’en 1998, suite à quoi il est devenu sénateur.        Marion Di Meo

Intervenants
  • Docteure en Sciences Politiques, spécialiste du Chili
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......