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Le négociateur américain Zalmay Khalilzad et le co-fondateur du mouvement Taliban, le mollah Baradar, samedi à Doha.

Le gouvernement afghan et les talibans peuvent-ils s'entendre... sur des valeurs?

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Après la signature samedi d'un accord de retrait entre Etats-Unis et talibans, des négociations inter-afghanes doivent commencer le 10 mars. Il est question que le gouvernement afghan, très divisé, intègre les anciens insurgés dans les institutions... Entretien avec le chercheur Romain Malejacq.

Le négociateur américain Zalmay Khalilzad et le co-fondateur du mouvement Taliban, le mollah Baradar, samedi à Doha.
Le négociateur américain Zalmay Khalilzad et le co-fondateur du mouvement Taliban, le mollah Baradar, samedi à Doha. Crédits : GIUSEPPE CACACE - AFP

L'accord signé samedi à Doha entre Américains et Talibans est un accord de retrait, pas un accord de paix. Même si, à la faveur de la trêve de sept jours la semaine dernière, les Afghans ont pu apprécier ce qu’étaient des soirées dehors, des allers-retours même timides dans des zones évitées car dangereuses, ou encore des routes sans barrages talibans… c’est en tout cas ce qu’ont rapporté les personnels des Nations unies depuis leurs postes d’observation dans tout le pays.

Le respect de cette trêve était la condition sine qua non pour que soit entériné cet accord entre les Américains et les Talibans, et préparé depuis près de deux ans. Un accord conditionné par la réussite des négociations « intra-afghanes », entre les Talibans et le gouvernement afghan. Elles commenceront la semaine prochaine et devraient durer de longs mois…

Dans les négociations intra-afghanes à venir, il y aura deux points d'achoppement majeurs. D'abord la question du régime. Les talibans ont toujours été en faveur d'un émirat, même s'ils ont un peu édulcoré leur langage récemment - notamment dans une tribune dans le New York Times du numéro deux du mouvement, qui parle maintenant de "régime islamique". D'autre part, la question des droits de l'homme et en particulier des droits des femmes, puisque les talibans ont beau dire qu'ils ont changé, on voit bien que dans les territoires sous leur contrôle, ils continuent à traiter les femmes et les filles de la même façon que par le passé. Même si, dans cette même tribune, Haqqani a également mentionné les femmes et a parlé du respect des droits des femmes selon les principes de l'islam. Mais encore une fois, c'est très vague. Et les principes de l'islam, c'est l'interprétation de l'islam par les talibans.  Romain Malejacq

Intervenants
  • Professeur assistant au Centre for International Conflict Analysis and Management (CICAM) de Radboud University (Pays-Bas), auteur de Warlord Survival : The delusion of State Building in Afghanistan (Presses de l’université de Cornell)
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