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Des soldats burkinabés participant à un entraînement avec des instructeurs de l'armée autrichienne au camp militaire de Kamboinse - Général Bila Zagre, près de Ouagadougo au Burkina Faso, le 13 avril 2018.

Afrique de l'Ouest : les djihadistes tentent-ils une "course à la mer"?

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Parmi les questions après l'enlèvement et la libération des deux touristes français : l'ampleur de la présence jihadiste dans la région. Depuis des mois le Burkina Faso est sous forte pression, le Bénin a connu sa première attaque armée. Selon certains, quatre Etats du Golfe de Guinée sont menacés.

Des soldats burkinabés participant à un entraînement avec des instructeurs de l'armée autrichienne au camp militaire de Kamboinse - Général Bila Zagre, près de Ouagadougo au Burkina Faso, le 13 avril 2018.
Des soldats burkinabés participant à un entraînement avec des instructeurs de l'armée autrichienne au camp militaire de Kamboinse - Général Bila Zagre, près de Ouagadougo au Burkina Faso, le 13 avril 2018. Crédits : ISSOUF SANOGO / AFP - AFP

Malgré la guerre antiterroriste menée par les forces de Barkhane au Mali, les groupes djihadistes ne cessent de se déplacer et de gagner du terrain en Afrique de l'Ouest. Liés à Al-Qaida ou à l'Etat Islamique, ils alimentent l'insécurité avec des groupes criminels dans une bande spécifique du Sahel, à savoir la Mauritanie, le Mali, le Niger, le Tchad, le Burkina Faso et le Bénin.

Le Sahel, terrain de coopération entre différents groupes djihadistes

Du Mali au Burkina Faso, les djihadistes occupent des aires d'influence territoriales relativement limitées mais n'excluent pas la coopération dans certaines zones au cours de leurs opérations. Concernant l'enlèvement des deux touristes français au nord du Bénin, l'identité des preneurs d'otage est encore inconnue mais la ministre de la Défence Florence Parly a indiqué que deux mouvements terroristes principaux ont été repérés et "qui sont affiliés pour l'un à Al Qaïda, pour l'autre à l'EIGS (Etat islamique au Grand Sahara)".

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Ecoutez l'analyse d'Yvan Guichaoua sur la question de la coopération des groupes djihadistes lors du rapt des deux touristes français

Environ 60 attaques non revendiquées ont été recensées dans l’est du Burkina Faso depuis février 2018. La dernière attaque date du dimanche 13 mai où six personnes, dont un prêtre, ont été tuées pendant la messe dans une église catholique à Dablo, au nord du pays. Pour ISS Africa elles sont en partie attribuées à des groupes extrémistes violents comme l’État islamique dans le Grand Sahara, Ansarul Islam ou encore le Groupe de soutien à l’Islam et aux musulmans. 

De fait, les Etats du golfe de Guinée sont "au pied du mur" selon le chercheur Antonin Tisseron : l'embrasement de l'est du Burkina Faso et la multiplication d'incidents dans le sud-ouest de ce même pays laissent craindre une extension du djihadisme en Côte d'Ivoire, au Ghana, au Togo et au Bénin. 

Le Burkina Faso est le pays qui a connu la détérioration la plus rapide de son environnement sécuritaire ces derniers mois avec beaucoup de morts mais aussi beaucoup de violences qui ne passent jamais à travers les filtres des médias internationaux, notamment des enlèvements, des assassinats ciblés. Les représentants de l'Etat, notamment civils, et les fonctionnaires, sont très régulièrement visés par les djihadistes et cela donne lieu à une situation où, finalement, des djihadistes ont vraiment la main sur certaines zones. Yvan Guichaoua

Intervenants
  • spécialiste du Sahel et des questions de sécurité, chercher et maître de conférences à la Brussels School of International Studies
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