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Manifestants défilant contre le coup d'Etat militaire en Birmanie, défilant ici devant l'ambassade chinoise de Yangon, le 12 février 2021.

Que contrôle l'armée birmane ?

11 min
À retrouver dans l'émission

Renaud Egreteau travaille depuis dix ans sur le développement en Birmanie des institutions parlementaires de "l'après-junte". Aujourd'hui, il ne voit pas comment pourra se rétablir un système que l'armée, avec son coup d'Etat du 1er février, a sabordé.

Manifestants défilant contre le coup d'Etat militaire en Birmanie, défilant ici devant l'ambassade chinoise de Yangon, le 12 février 2021.
Manifestants défilant contre le coup d'Etat militaire en Birmanie, défilant ici devant l'ambassade chinoise de Yangon, le 12 février 2021. Crédits : Sai Aung Main - AFP

L’armée s’est déployée à nouveau partout dans la capitale économique Rangoun, mais aussi dans d’autres villes comme Myitkyina dans le nord. Elle a tiré sur des manifestants sans que l’on sache à cette heure de quoi étaient faites les balles, ni si elles ont tué.

Des affrontements ont eu lieu notamment pour le contrôle des bureaux d’électricité… car la junte qui a repris le pouvoir à la faveur du coup d’Etat du 1er février, a la coupure de courant facile… 

A en croire les nouvelles rapportées ce matin par l’Agence France presse, sur place, ainsi que quelques comptes Facebook mais dont les vidéos sont de plus en plus lestement supprimées… des manifestants ont déjà commencé, au petit jour, à descendre dans les rues.

Depuis l'ouverture de la Birmanie et la levée des sanctions en 2011-2012, l'armée s'est modernisée. Mais elle reste loin d'être à la pointe technologique. Sa stratégie pour contrôler Internet, c'est tout simplement de le couper, plutôt que de filtrer comme le fait la Chine.     Renaud Egreteau

L'armée birmane, du moins cette nouvelle génération de chefs militaires dont le chef d'état-major Min Aung Hlaing est l'incarnation, a véritablement sabordé le système constitutionnel, l'ordre politique façonné par l'ancienne génération, celle qui avait participé au dernier coup d'État de 1988 et qui, tout au long des années 1990 et 2000, avait façonné un système politique dans lequel l'armée s'assurait autonomie, si ce n'est impunité, et aussi reconnaissance internationale. Ce coup d'État remet en cause ce système là.     Renaud Egreteau

Intervenants
  • Professeur associé de politiques comparées à la City University de Hong Kong, spécialiste de la Birmanie
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