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Accord commercial UE/Chine : Bruxelles peut-elle croire aux promesses de Pékin ?

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Annoncé le 30 décembre par la Commission européenne, l'accord sur les investissements avec la Chine promet de faire débat au Parlement. Impossible de contrôler les engagements de Pékin notamment au sujet du travail forcé des Ouïghours, qu'elle nie. Entretien avec l'économiste Philippe Le Corre.

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. Crédits : John Lamb - Getty

« Les promesses de la Chine n’engagent que ceux qui les reçoivent » disait récemment à Libération le sinologue François Godement, confirmé peu après par l’épisode – prévisible diront certains - des scientifiques de l’OMS à qui Pékin n’a toujours pas délivré de visas pour enquêter sur l’origine exacte du coronavirus, alors que Xi Jinping promettait la « transparence ».

Alors, que deviendront les engagements, formulés du bout des lèvres par les négociateurs chinois de l’accord sur les investissements avec l’Union européenne, ses garanties formulées par exemple de ne pas recourir au travail forcé…. ? Le Parlement européen y sera sans doute très vigilant quand il s’agira de voter sur cet accord annoncé le 30 décembre dernier par la Commission européenne… Cela fait sept ans que les deux parties travaillent à ce texte censé garantir un meilleur équilibre dans les relations commerciales entre la Chine et les 27.

Il y a une liste de secteurs [que la Chine doit ouvrir aux entreprises françaises]. On verra si cela se traduit dans les faits. Dans l'automobile par exemple, les Allemands sont très présents sur le marché chinois. Ils font davantage de chiffre d'affaires en Chine qu'aux Etats-Unis. C'est très important pour eux d'avoir accès au marché de la voiture électrique. Il y a aussi les maisons de retraite, les hôpitaux privés auxquels tient beaucoup la France. Mais aussi le stockage des données, les services financiers... Maintenant, on verra sur le plan pratique s'il n'y a pas de restrictions imposées à la dernière minute par le gouvernement chinois.      Philippe Le Corre

Pour la Chine, les avantages économiques sont limités. En revanche, les avantages politiques et les avantages géostratégiques sont importants parce que cette signature s'est faite trois semaines avant l'entrée en fonctions du nouveau président américain. Politiquement, la Chine a tout intérêt à montrer aux Américains et au reste du monde qu'elle est capable d'avoir des partenaires, d'avoir des alliés.     Philippe Le Corre

La Chine a dit qu'elle suivrait les règles de l'Organisation internationale du travail, mais on n'a aucun moyen de contrôler ça.     Philippe Le Corre

Intervenants
  • Senior Fellow à la Harvard Kennedy School, Cambridge (MA), chercheur associé à la Fondation pour la Recherche stratégique, professeur invité à l'ESSEC
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