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La frontière entre l'Algérie et le Maroc en 1999

Rupture des relations Algérie/Maroc : l’impossible Union du Maghreb

11 min
À retrouver dans l'émission

Les deux pays ont depuis près de soixante ans des relations conflictuelles, cristallisées autour de la question du Sahara occidental. C’est Alger qui a annoncé à la fin de l’été rompre les relations diplomatiques avec Rabat. Pourtant, les deux voisins auraient des intérêts communs à défendre.

La frontière entre l'Algérie et le Maroc en 1999
La frontière entre l'Algérie et le Maroc en 1999 Crédits : Abdelhak Senna - AFP

Alger a annoncé le 24 août rompre toute relation diplomatique avec le Royaume du Maroc après des semaines d'accusations réciproques sur des tentatives de soutien aux dissidences internes. 

Alors que les frontières communes des deux pays sont fermées depuis 1994, les récentes révélations sur le logiciel Pegasus, les nouvelles alliances du royaume chérifien avec Israël et les divergences sur les questions sahraouies et kabyles ont décuplé les tensions des rivaux voisins.

Les Enjeux internationaux accueillent Akram Belkaïd, essayiste et journaliste au Monde Diplomatique, spécialiste des questions algéroises et auteur du blog Chroniques du blédard.

En 1989 est créée l'Union du Maghreb arabe à l'initiative des pays du Golfe qui ont forcé les deux "frères ennemis" à se réconcilier. Cela avait provoqué beaucoup d'espoirs. L'UMA parlait de monnaie unique bien avant l'Europe et l'euro ! Malheureusement, c'est une coquille vide. La libre circulation des individus n'est pas possible puisque les frontières sont fermées. Il n'y a pas l'équivalent d'un Erasmus maghrébin, alors que ce sont des pays à forte concentration de jeunesse. Il y a bien eu quelques réalisations, par exemple les réseaux électriques sont interconnectés. (...) Mais dans les années 90-2000, on disait qu'il fallait absolument plusieurs projets de manière ce que les pays soient dépendants les uns des autres et qu'on garantisse finalement la stabilité. Et ces projets-là n'ont jamais pu être réalisés puisque les rivalités politiques, les tensions diplomatiques ont toujours pris le pas sur le reste.     Akram Belkaïd

En Algérie, tout le monde ne défend pas l'indépendance du Sahara occidental : il existe un mouvement, certes minoritaire, qui considère que la région n'a pas besoin d'un petit Etat qui serait faible par nature et qui pourrait déstabiliser la région. Mais là, sur la question de la Kabylie, la sortie du l'ambassadeur marocain aux Nations unies a eu pour résultat de souder les rangs des Algériens autour du régime. Sur cette question là, ce n'est même pas négociable. C'était très contreproductif, et ce n'était pas pertinent non plus. Comparer le Sahara aux marges du Maroc et la Kabylie, qui est au cœur même de l'Algérie, de son histoire, de ses élites, etc. n'était absolument pas intelligent.    Akram Belkaïd

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