LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Le Conseil de l'Europe

UE - Russie : statu quo ou nouveau départ ?

11 min
À retrouver dans l'émission

La délégation russe a retrouvé lundi son droit de vote au Conseil de l'Europe, 5 ans après sa suspension en raison de l’annexion de la Crimée. L'organisation est la première à lever des sanctions contre la Russie, sous l'influence de la France et de la Belgique. L'institution en ressort divisée.

Le Conseil de l'Europe
Le Conseil de l'Europe Crédits : FREDERICK FLORIN / AFP - AFP

Le Conseil de l'Europe, créé en 1949 et dont le siège est à Strasbourg est une institution distincte de l'Union européenne consacrée à la défense des droits humains et de l'Etat de droit. La Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) est chargée de veiller à leur bonne application.

La Russie, membre du Conseil de l'Europe depuis 1996, s'était vue appliquer des sanctions en 2014 à la suite de l'annexion de la Crimée et de la guerre dans le Donbass, entraînant la suspension des droits de vote de la délégation russe auprès de l’Assemblée parlementaire du Conseil de l'Europe (APCE). Les sanctions interdisaient notamment aux députés russes d'occuper des postes de direction à l'Assemblée ou de participer à des missions de surveillance. En réponse, la délégation a refusé de participer aux sessions de l'Assemblée et, en 2017, le pays a cessé de payer sa contribution au budget du Conseil de l'Europe - montant qui s’élève aujourd'hui à 70 millions d’euros. Mais surtout, depuis quelques temps, Moscou menaçait de quitter le Conseil pour de bon. 

"La Russie a gagné un canal où elle peut faire entendre sa voix. C'est la preuve que, si elle reste campée sur ses positions, elle peut obtenir gain de cause." Tatiana Jean

Le dilemme du statut de la Russie a ainsi été soumis aux 46 Etats membres dans la nuit de lundi à mardi 25 juin. L’Assemblée Parlementaire du Conseil de l’Europe a voté pour le retour de la délégation russe au sein de l'institution – avec 118 voix contre 62 –. C'est notamment pour éviter que la Russie ne quitte définitivement l'institution, avec comme conséquence de priver les citoyens russes d’accéder à la Cour européenne des droits de l’homme, mais aussi par crainte d'un vide financier créé par son éventuel départ, que ce texte a été adopté. Mais c'est aussi en raison du calendrier interne à l'organisation que la question s'est posée : le mandat du secrétaire général du Conseil de l'Europe arrive à échéance et le poste doit être soumis au vote dans la semaine. Or, l'absence de la Russie officialiserait son retrait. 

"C'est un vote attendu - la Géorgie, la Pologne, les Pays-Bas et l’Ukraine ont voté contre alors que la France, l'Espagne, l'Autriche ou la Norvège ont au contraire appuyé le vote. Beaucoup de pays ont dénoncé l'abandon d'un principe du conseil de l'Europe qui cède à la Russie sur tous les points. Cette dernière récolte les fruits de sa patience stratégique et finalement, elle récupère le droit de vote sans faire de concession." Tatiana Jean

La Russie, avec l'appui de la France, de l'Allemagne et de la Belgique, a tout fait pour retrouver son statut au sein de l'institution. Le vote entérinant son retour au sein de l’Assemblée Parlementaire a néanmoins divisé l'institution : alors que la Géorgie, l'Ukraine, la Pologne ou les Pays-Bas se sont positionnés contre, la France, l'Espagne, l'Autriche ou la Norvège ont, eux, appuyés ce vote. Et alors que les russes évoquaient une "victoire" symbolique, l'Ukraine, en protestation, a annoncé suspendre sa participation aux travaux du Conseil. 

"L'action d'Emmanuel Macron vis-à-vis de la Russie est jugée sur des aspects politiques : Paris essaie de profiter de sa présidence au Conseil de l'Europe et au G7 pour faire avancer les choses avec Moscou." Tatiana Jean

Il est vrai que, au regard du droit international, lever la sanction du droit de vote de la délégation russe sans concession de Moscou - qui occupe toujours le Crimée et qui a, par ailleurs, mené une offensive l'année dernière en mer d'Avoz où des marins ukrainiens avaient été arrêtés puis transférés à Moscou -, à de quoi faire grincer les dents de certains pays qui dénoncent le fait que le Conseil de l'Europe céderait à la Russie sur tous les points.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Intervenants
L'équipe
Production
Réalisation
Avec la collaboration de
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......